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<title>Porneia delights' RSS</title>
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<description>I used to be schizophrenic but now we are going much better. We are the Porneia delights. We are persistent and reluctant. We also do not really come from outer space.</description>
<language>fr-fr</language>


<item>
<title>[Note] ratpoison 1.4.6-rc1 is out</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2013.html#0404</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2013.html#0404</guid>
<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 10:50:22 +0200</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
Il y a maintenant quatre jours, le nouveau développeur en charge de
<a href="http://www.nongnu.org/ratpoison/" hreflang="en"
class="external">ratpoison</a>, Jérémie Courrèges-Anglas, a annoncé sur la
mailing-list du projet,
la <a href="https://lists.nongnu.org/archive/html/ratpoison-devel/2013-04/msg00000.html"
hreflang="en" class="external">sortie de ratpoison 1.4.6 Release Candidate
1</a>. Il prévoit de sortir la version finale dans quelques jours en espérant
que des bugs &mdash;&nbsp;s'il y en avait&nbsp;&mdash; lui soit remonté d'ici
là. Pas mal de corrections de bugs et d'évolutions sont au programme (support
complet de l'UTF-8 notamment dans la status bar).

<p>
<pre>
$ <b>wget http://wxcvbn.org/~jca/ratpoison/tarballs/ratpoison-1.4.6-rc1.tar.xz</b>
</pre>


]]></description>
</item>

<item>
<title>[Note] L'action de groupe bientôt en France ?</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#1106</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#1106</guid>
<pubDate>Tue, 06 Nov 2012 13:07:35 +0100</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
L'action de groupe, qui est à bien différencier de l'action collective, est
définie par le <em>Lexique des termes juridiques 2013</em> aux éditions Dalloz
comme étant une &laquo;&nbsp;action visant à la réparation d'un préjudice
collectif, celui subi par les consommateurs du fait de l'inexécution ou de la
mauvaise exécution d'obligations contractuelles de la part du même
professionnel, à l'occasion d'un même type de contrat relatif à une vente de
produits ou une prestation de service. L'objectif est de faciliter l'action du
consommateur victime d'un préjudice personnel peu élevé, qui hésiterait pour
ce motif à demander réparation (&hellip;)&nbsp;&raquo;. L'action de groupe,
traduction du terme anglais <em>class action</em> et aussi nommée
<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Recours_collectif" class="wikipedia"
hreflang="fr">recours collectif</a>, est une procédure civile originaire des
États-Unis d'Amérique qui s'est répandu dans de nombreux pays de la <em>common
law</em>. En France, cette procédure n'est pas prévue ; il est obligatoire de
passer par une association (généralement une association reconnue d'utilité
publique) pour intenter ce genre d'action, ce qui présente certains
désavantages. Une association française bien connue est notamment 60 millions
de consommateurs qui régulièrement intente des procès visant à défendre les
droits des consommateurs &mdash; mais il en existe bien d'autres.

<p>
Les débats autour d'une <em>class action</em> à la française ne datent pas
d'hier et les projets de loi visant à mettre en place une telle procédure ont
été nombreux depuis 2005. Les avantages d'une action de groupe sont pluriels
&mdash; et les dieux savent qu'au regard de certaines entreprises de
téléphonie mobile ou de fournisseurs d'accès à internet par exemple, il y
aurai matière à utiliser des recours collectifs &mdash; mais les détracteurs
sont coriaces. Cependant le nouveau gouvernement français a affirmé en juin
2012 vouloir remettre le débat sur la place publique et souhaite
<a href="http://www.leparisien.fr/faits-divers/christiane-taubira-veut-autoriser-les-class-actions-22-06-2012-2060771.php"
class="external" hreflang="fr">autoriser les &laquo;&nbsp;class
action&nbsp;&raquo;</a>. On note depuis plusieurs années une protection de
plus en plus accrue du consommateurs dans le droit positif ; il n'est donc pas
impossible que le futur projet de loi, qui sera présenté au premier semestre
2013 devant le Parlement, porté par Benoît Hamon, Ministre en charge de la
Consommation, introduise finalement l'action de groupe qui serait, pour les
citoyens français, une procédure qui se voudrait efficace afin de lutter
contre les abus de certains groupes tentaculaires ; et cela sans devoir passer
par un tiers. Ce n'est pas impossible quand on sait que la Commission
européenne planche aussi très sérieusement sur le sujet, pensant même pourquoi
pas
l'<a href="http://www.20minutes.fr/article/330401/Elections-europeennes-A-quand-la-class-action-en-France.php"
class="external" hreflang="fr">imposer directement aux États membres de
l'Union Européenne</a>.

<p>
Il reste donc intéressant de s'interroger sur la façon dont l'action de groupe
serait intégrée au droit français, notamment en ce qui concerne le détail de
la procédure, et dans quelles mesures l'action de groupe pourrait
véritablement être efficace et accessible aux justiciables. À n'en pas douter
les débats risquent d'être houleux et chacun cherchera à défendre sa position
et ses intérêts avec le plus de vigueur possible. Notons à ce propos que le 23
octobre dernier une
<a href="http://www.economie.gouv.fr/dgccrf/consultation-publique-sur-laction-groupe"
   class="external" hreflang="fr">consultation publique a été ouverte sur le
   site du ministère de l'Économie et des Finances</a> en nous proposant
   de <a href="http://www.galileo.bercy.gouv.fr/index.php?sid=55279&lang=fr"
   class="external" hreflang="fr">répondre à un questionnaire</a> sur le sujet
   avant le 13 décembre 2012.

<p>
<em>addendum</em> : d'ailleurs si le sujet vous intéresse, on peut voir un cas
pratique d'une <em>class action</em>, et de ce que cela peut impliquer, dans
le film, tiré d'une histoire
vraie, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Erin_Brockovich_%28film%29"
class="wikipedia" hreflang="en">Erin Brockovich</a> de Steven Soderbergh.


]]></description>
</item>

<item>
<title>[Note] L'immortel Amin Maalouf</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0614</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0614</guid>
<pubDate>Thu, 14 Jun 2012 16:40:27 +0200</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
Le 23 juin 2011, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Amin_Maalouf"
class="wikipedia" hreflang="fr">Amin Maalouf</a> était élu pour
succéder à Claude Lévi-Strauss au fauteuil 29 de l'Académie
française. C'est aujourd'hui ce 14 juin 2012, presque un an plus tard,
qu'il est officiellement reçu pour prendre place parmi les
&laquo;&nbsp;immortels&nbsp;&raquo; ; salué par ses, désormais, pairs
comme
notamment <a href="https://twitter.com/bernardpivot1/status/213271169674117123"
class="external" hreflang="fr">Bernard Pivot sur son compte
twitter</a> :

<pre>
<img src="https://si0.twimg.com/profile_images/1717095900/image_58810507_normal.jpg" alt="Photo de Bernard Pivot" style="float: left; padding-right: 3px;"><span class="credit">@<a href="https://twitter.com/bernardpivot1" style="text-decoration: none;">bernardpivot1</a> 7:06 AM - 14 Jun 12 via web:</span>
Les académiciens se sont honorés en appelant parmi eux Amin Maalouf,
excellent écrivain franco-libanais qui a choisi d'écrire en français.
</pre>

<p>
L'Orient Le Jour, quotidien libanais d'expression française, n'a
d'ailleurs pas manqué
de <a href="http://www.lorientlejour.com/category/%C3%89conomie/article/category/%C3%80+La+Une/article/763620/Amin_Maalouf%2C_%3C%3C+immortel+%3E%3E%2C_rend_hommage__au_Liban%2C_a_la_France_et_aux_siens.html"
class="external" hreflang="fr">couvrir longuement l'évènement</a> dans
sa Une du 13 juin 2012 sous la plume de Carole Dagher qui relate le discours de M. Maalouf fortement
tourné vers Lévi-Strauss et en revenant sur la personnalité de
l'auteur. Moins consistante, mais tout aussi intéressante, la dépêche
AFP, <a href="http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iC_latedXhFEAAVAdo7y1d7ZuPMQ?docId=CNG.c177791c996240c52dca5beb5d492bbd.a1"
class="external" hreflang="fr"><em>L'écrivain franco-libanais Amin
Maalouf reçu à l'Académie française</em></a>, de Myriam Chaplain-Riou
retrace quant à elle l'évènement en y ajoutant une brève biographie.

<p>
Enfin sachez, en guise d'anecdote, que Riad Salamé, le gouverneur de
la Banque du Liban, a fait frappé 1 000 pièces
d'<a href="http://static.olj.me/images/news/large/763536_82933880628.jpeg"
class="external">une livre à l'effigie d'Amin Maalouf</a> à l'occasion
de l'intronisation de ce premier libanais à l'Académie française.


]]></description>
</item>

<item>
<title>[Note] La recherche spatiale, une question de priorité</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0606</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0606</guid>
<pubDate>Wed, 06 Jun 2012 07:04:57 +0200</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
Ceux qui suivent l'actualité des différents programmes spatiaux
mondiaux n'ont pu manquer la nouvelle
: <a href="http://idealab.talkingpointsmemo.com/2012/06/nasa-gets-two-formerly-secret-spy-telescopes-more-powerful-than-hubble.php"
class="external" hreflang="en">la NASA vient d'acquérir gracieusement
deux nouveaux télescopes satellites</a>. L'information a été confirmée
ce lundi 4 juin 2012. Ces deux télescopes sont d'ailleurs une aubaine
pour l'agence spatiale états-unienne car en effet ils permettent de
surveiller des zones, tenez-vous bien, 100 fois plus importantes que
le bon vieil Hubble (qui était jusqu'à ce lundi le fleuron de
l'agence). Ils sont en ce moment dans un entrepôt appartenant à
<a href="http://www.exelisinc.com/Pages/default.aspx" class="external"
hreflang="en">Exelis</a> à Rochester dans l'état de New York. Ils sont
de plus bien plus léger qu'Hubble ; il serait donc relativement simple
et peu coûteux de les mettre en orbite. Relativement... En effet, Paul
Hertz, directeur de la division d'astrophysique pour la NASA, a
indiqué lors d'une conférence qu'ils ne seront peut-être jamais assez
riche pour pouvoir lancer et utiliser les deux télescopes. Mais les
dirigeants du programme spatial civil restent malgré tout optimiste en
pensant pouvoir réunir suffisamment de fond pour en avoir un en orbite
d'ici à 2020. Nous devrons donc patienter quelques longues années
avant d'avoir des papiers sur les avancées en ce qui concernent la
compréhension de l'hypothétique
<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mati%C3%A8re_noire"
class="wikipedia" hreflang="fr">matière noire</a> ou de jolies images
d'il y a bien longtemps dans une galaxie lointaine...

<p>
Mais d'où viennent donc ces deux télescopes ? Ils ne sont certainement
pas tombés des étoiles. Non. Ils appartenaient en réalité à la
<a href="http://en.wikipedia.org/wiki/National_Reconnaissance_Office"
class="wikipedia" hreflang="en">NRO</a> (<em>National Reconnaissance
Office</em>) qui est en gros une agence gouvernementale dont on sait
peu de chose et qui s'occupe notamment de la construction et de la
mise en orbite des satellites espions ainsi que de la coordination des
différentes analyses permises par ces joujoux spatiaux. Et cela pour
le bien des USA, et sûrement du Monde Entier nous diront-ils. Mais
alors ?  Mais alors rien. Personne ne sait exactement pourquoi la NRO
ne s'en sert pas, ni pourquoi ils ont été construit à l'origine.
Information classée secret défense... Les seules informations
concrètes que nous avons viennent du
<a href="http://www.washingtonpost.com/national/health-science/nasa-gets-two-military-spy-telescopes-for-astronomy/2012/06/04/gJQAsT6UDV_story.html"
class="external" hreflang="en">Washington Post</a>. Loretta DeSio,
porte-parole pour la NRO, a indiqué qu'ils ne sont plus utiles à
l'agence qu'elle représente, sont bien plus perfectionnés qu'Hubble,
sont en pièces détachées et n'ont aucun instrument de mesure, ni
caméra. Ajoutant que &laquo;&nbsp;certains composants ont été retiré
avant le transfert&nbsp;&raquo; à la NASA. Lesquels ? Mystère. Mieux
encore, le Washington Post indique que malgré qu'ils
soient <em>déclassifiés</em> par la NRO, le matériel reste
suffisamment sensible pour qu'aucune image desdits télescopes n'ait
été montrée à la presse, sinon une seule lors d'une présentation ce
lundi à Washington mais tellement censurée que toute l'assistance n'a
pu réprimé des rires... Cependant une source du journal pense qu'il
pourrait s'agir de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/KH-11_Kennan"
class="wikipedia" hreflang="en">KH-11 Kennan</a>. De <em>vieux</em>
modèles que la NRO seraient en train d'échanger pour des outils bien
plus performants. Selon DeSio, les télescopes dont nous parlons
auraient été fabriqués fin des années 1990, début des années 2000.

<p>
C'est donc une très grande nouvelle pour la recherche fondamentale
spatiale qui n'a plus à craindre de perdre Hubble, celui-ci montrant
des signes de fatigue évident. Cela aurait été une bonne occasion pour
la NASA de sabrer le champagne, mais John Grunsfeld, chef du pôle
scientifique, indique qu'ils n'ont pas assez d'argent pour ça. Selon
des sources officieuses, la NRO aurait une vingtaine de ces satellites
espions en orbite actuellement, ce qui représente une dépense
collossale pour le gouvernement des États-Unis. Il est dommage de
constater que les programmes civils qui apportent tant à l'Humanité
n'ont le droit que de récolter les restes quand, par une heureuse
aubaine, ils sont toujours fonctionnels et viennent à ne plus servir.


]]></description>
</item>

<item>
<title>[Note] Now we know the truth: Space Invaders are back... in CSS!</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0531</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0531</guid>
<pubDate>Thu, 31 May 2012 22:57:58 +0200</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
Via le <a href="http://share.aldarone.fr/" class="external"
hreflang="fr">shaarli d'Alda</a> nous avons eu l'occasion de découvrir
quelques créations de formes simples et complexes en CSS pur. En
effet, dans <a href="http://css-tricks.com/the-shapes-of-css/"
class="external" hreflang="en">un article datant du 8 février 2011</a>
Chris Coyier a
concocté <a href="http://css-tricks.com/examples/ShapesOfCSS/"
class="external" hreflang="en">une page de démonstration</a> avec
quelques exemples, notamment celui de Vlad Zinculescu (il vous faut un
navigateur graphique récent supportant CSS, et (probablement ?) autre
qu'IE, pour voir cela correctement) :

<p>
<div style="box-shadow: 0 0 0 1em black, 0 1em 0 1em black, -2.5em 1.5em 0 .5em black, 2.5em 1.5em 0 .5em black, -3em -3em 0 0 black, 3em -3em 0 0 black, -2em -2em 0 0 black, 2em -2em 0 0 black, -3em -1em 0 0 black, -2em -1em 0 0 black, 2em -1em 0 0 black, 3em -1em 0 0 black, -4em 0 0 0 black, -3em 0 0 0 black, 3em 0 0 0 black, 4em 0 0 0 black, -5em 1em 0 0 black, -4em 1em 0 0 black, 4em 1em 0 0 black, 5em 1em 0 0 black, -5em 2em 0 0 black, 5em 2em 0 0 black, -5em 3em 0 0 black, -3em 3em 0 0 black, 3em 3em 0 0 black, 5em 3em 0 0 black, -2em 4em 0 0 black, -1em 4em 0 0 black, 1em 4em 0 0 black, 2em 4em 0 0 black; background: black; width: 1em; height: 1em; overflow: hidden; margin: 60px 0 80px 95px;"></div>

<p>
Vlad Zinculescu sur son site <a href="http://ecsspert.com"
class="external" hreflang="en">eCSSpert</a> propose d'ailleurs des
choses encore plus impressionnantes comme par exemple le logo
de <a href="http://ecsspert.com/play/css3-logo/cbs.php"
class="external" hreflang="en">CBS</a> ; le tout toujours en CSS3 sans
images ni javascript.

<p>
Dans le même ordre d'idée, Karl nous présentait en mars 2012 un
exemple de dessin en SVG via HTML en faisant
<a href="http://la-grange.net/2012/03/08/svg" class="external"
hreflang="fr">son auto-portrait</a>.

<p>
C'est étonnant qu'on ne voit pas toujours pas beaucoup de sites
utiliser toutes ces possibilités , non ?


]]></description>
</item>

<item>
<title>[Note] In P0rn We Trust</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0524</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/archives/2012.html#0524</guid>
<pubDate>Thu, 24 May 2012 00:04:20 +0200</pubDate>
<dc:creator>Porneia delights</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
Du 25 au 27 mai va se tenir le <a href="http://thsf.tetalab.org"
class="external" hreflang="fr">Toulouse Hacker Space Factory 2012</a>
organisé par <a href="http://mixart-myrys.org/" class="external"
hreflang="fr">Mix'Art Myrys</a> (collectif artistique) et
<a href="http://tetalab.org" class="external"
hreflang="fr">Tetalab</a> (le hackerspace toulousain). Sous le
thème <em>In P0rn We Trust</em>, seront mis en place des ateliers, des
performances geeks et artistiques, des concerts. Mais aussi diverses
conférences, notamment sur <a href="http://tor2web.org/"
class="external" hreflang="en">Tor2web</a>, mais aussi
l'extention <a href="http://www.wepr0n.com/" class="external"
hreflang="en">WePr0n</a> pour Mozilla Firefox, ou encore une table
ronde regroupant Benjamin Bayart, Jérémie Zimmerman et Philippe
Langlois.

<p>
Si vous êtes dans le coin, ce serait dommage de ne pas passer rue
Ferdinand Lassalle. Si vous êtes trop loin, vous pourrez tout de même
assister à certains évènements en streaming (voir le site du THSF pour
plus de détails).


]]></description>
</item>




<item>
<title>[Article par e20100633] Commentaire de texte : Le rôle du Parlement dans les institutions de la Vème</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/role-du-parlement-dans-la-veme.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/role-du-parlement-dans-la-veme.html</guid>
<pubDate>Tue, 18 Jun 2013 15:54:03 +0200</pubDate>
<dc:creator>e20100633</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<div class="notebar">
[Cette page présente un travail de commentaire de texte ayant pour sujet le
rôle du Parlement dans le jeu des institutions de la
V<sup class="note">ème</sup> République. Ce travail a été effectué par un
étudiant de première année de droit dans le cadre de l'examen terminal du
second semestre en droit constitutionnel. Ce n'est donc pas un corrigé type
sur lequel on pourrait s'appuyer en toute confiance. À ce titre cette
dissertation est hautement critiquable, sujette à erreurs et autres
abbérations. Elle n'est reproduite ici qu'à des fins d'archives et
d'informations.]
</div>

<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2013-06-18T15:54:03+02:00" pubdate="pubdate">18 juin 2013</time>, e20100633</span> &mdash;

<em>Consigne : Le texte suivant objet du commentaire est un extrait des débats
d'une séance publique à l'Assemblée nationale le 12 février 2004. Monsieur
Gaëtan Gorce est député socialiste. Monsieur Philippe Vuilque également. Vous
commenterez le texte suivant en analysant les propos qui y sont tenus au
regard du rôle du Parlement dans le jeu des institutions de la
V<sup class="note">ème</sup> République, en tenant compte de la révision
constitutionnelle du 23 juillet 2008 et de ses suites et en réfléchissant
notamment à l'influence du contrôle de constitutionnalité sur l'équilibre des
pouvoirs sous la V<sup class="note">ème</sup> République.</em>

<p>
<u>Texte :</u>

<p>
&laquo;&nbsp;<strong>M. Gaëtan Gorce</strong> : (&#8230;) cette vieille maison
[l'Assemblée nationale], qui a vécu de grandes heures et qui, en 1958, fut
ramené à plus d'ordre et de raison par le parlementarisme rationalisé, est en
voie de marginalisation dans nos institutions. Nous courons en effet le risque
d'une présidentilisation accélérée : le raccourcissement de la durée du mandat
présidentiel à cinq ans et le fait que l'élection présidentielle ait lieu
avant les élections législatives sont dans la logique de nos institutions,
mais font du Président de la République le chef de la majorité.
<br>
Notre Parlement risquerait, pour tout dire, une ringardisation si ses
responsabilités, ses procédures, ses moyens de fonctionnement n'étaient pas
adaptés à cette situation nouvelle. Je ne regrette pas le choix que j'ai fait
de voter l'inversion du calendrier et le quiquennat, mais il faut en tirer
toutes les conséquences en mettant en place, en quelque sorte, un
&laquo;&nbsp;présidentialisme rationalisé&nbsp;&raquo;, limitant les pouvoirs de
l'exécutif, et d'abord de celui qui le dirige. Pour paraphraser le général de
Gaulle disant &laquo;&nbsp;il faut un président qui en soit un&nbsp;&raquo;, je dirais
qu'il faut un Parlement qui en soit un.

<p>
<strong>M. Philippe Vuilque</strong> : Très bien !

<p>
<strong>M. Gaëtan Gorce</strong> : Il convient donc d'aller au-delà de simples
adaptations de notre règlement, en agissant au moins dans trois directions.
<br>
Tout d'abord, il faut restaurer l'initiative parlementaire. Aujourd'hui en
effet, le Parlement vote la loi, mais il ne la fait pas. Il faudrait au moins
que le débat s'engage dans cet hémicycle sur le texte débattu et adopté par la
commission, que le recours au vote bloqué soit limité et que l'article 49 3 ne
puisse être utilisé que pour la loi de finances. Peut-être faudrait-il aller
jusqu'à reconsidérer les conditions du contrôle de constitutionnalité et
mettre en place un contrôle a posteriori, à l'initiative de nos concitoyens ;
cela donnerait plus d'autorité à la loi, qui, une fois votée, n'aurait pas à
attendre une éventuelle sanction de la part d'une assemblée de juges,
respectable mais prenant position juste après le débat parlementaire.
<br>
(&#8230;)
<br>
Enfin, la censure n'est plus une réalité politique car on imagine mal une
majorité parlementaire, élue dans le prolongement de la majorité
présidentielle, censurer le gouvernement issu de ses rangs. Pourquoi, dans ces
conditions, ne pas prévoir une motion de défiance ministérielle par laquelle
le Parlement demanderait à un ministre qui a mal fait son travail, qui a mal
appliqué la loi, de se retirer ?

<p>
<strong>M. le Président de la commission des lois</strong> : Ce serait un
autre régime !

<p>
<strong>M. Gaëtan Gorce</strong> : Cela permettrait de combattre cette culture
de l'exécutif qui réduit à bien peu de choses le contrôle du Parlement. À
défaut, je crains que nous revenions à des institutions semblables à celles du
Second Empire, avec une assemblée qui débat et ne vote pas &mdash; le Sénat,
puisque l'Assemblée nationale a le dernier mot &mdash; et une autre qui vote
mais ne débat pas &mdash; l'Assemblée puisque le Gouvernement a décidé
auparavant ce qui doit figurer dans la loi.
<br>
C'est pourquoi il faut aller au-delà de simples mesures techniques et faire en
sorte que le Parlement retrouve son autorité et ses prérogatives au sein de
nos institutions. Il doit être le lieu où l'on entend battre le coeur de la
nation. Aujourd'hui, ce coeur bat trop faiblement, il ne suit pas le rythme
d'une société qui avance et qui débat. La moindre des choses est donc, pour
nous, d'exiger que le Parlement débatte et vote.

<p>
<em>(Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)</em>.&nbsp;&raquo;


<p>
<u>Commentaire :</u>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;La clef de voûte du régime est
l'Assemblée nationale&nbsp;&raquo;. C'est en ces termes que Pierre Cot
définissait la IV<sup class="note">ème</sup> République en 1946. Quelques dix
ans plus tard M. Debré, voulant démontrer le renversement du légicentrisme,
reprendra la célèbre formule en l'adaptant à la nouvelle réalité :
&laquo;&nbsp;La clef de voûte du régime est le Président de la
République&nbsp;&raquo;. En effet, la Constitution de la
V<sup class="note">ème</sup> donnera une place importante au chef de l'État
dans un parlementarisme rationalisé en réaction à l'échec des institutions de
la IV<sup class="note">ème</sup>. S'appuyant sur le texte de la Constitution
mais aussi sur son charisme, De Gaulle obtiendra l'élection du Président de la
République au suffrage universel direct en 1962 apportant ainsi la légitimité
à ses successeurs face au Parlement. Nous aurons dans le même temps
l'apparition du &laquo;&nbsp;fait majoritaire&nbsp;&raquo;. En effet sans
rentrer dans l'événementiel c'est à ce moment que, suite à la dissolution de
l'Assemblée nationale par le général, le peuple de France lui enverra une
majorité, cela finissant de légitimer la réforme de cette année-là. Nous
avions, dès lors, un chef de l'exécutif fort accompagné d'une assemblée
dévouée à sa cause. Seulement, trois périodes de cohabitation démontreront que
le Président doit parfois revenir à une fonction plus proche du texte de la
Constitution quand bien même il garde sa légitimité face aux français. Mais un
acte II viendra en 2000 terminer de consacrer la place du chef de l'État. En
effet la réforme du quinquennat fera coïncider les mandats présidentiel et
législatif en plus de l'inversion du calendrier qui fera que l'élection du
président, centrale et plus importante si l'on en croyait Lionel Jospin, se
fera avant les législatives. Nous pourrions nous interroger longtemps sur cet
&laquo;&nbsp;arbitre&nbsp;&raquo; de la V<sup class="note">ème</sup> comme le
disait De Gaulle en 1946 devenu &laquo;&nbsp;capitaine&nbsp;&raquo; de navire
ainsi que le disait Nicolas Sarkozy. Et ces questions nous amèneraient à nous
demander ce qu'est devenu le Parlement dans notre régime.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En 2004, 12 février, M. Gorce, député socialiste
&mdash; dans l'opposition donc &mdash; durant le second mandat Chirac, dénonce
lors d'un débat en séance publique à l'Assemblée nationale cet exécutif ayant
englouti cette &laquo;&nbsp;vieille maison&nbsp;&raquo;, cette possible
&laquo;&nbsp;ringardisation&nbsp;&raquo; de l'institution face à cette
&laquo;&nbsp;situation nouvelle&nbsp;&raquo; que nous avons exposé
ci-dessus. Et en effet, l'initiative législative revient en très grande
majorité à l'exécutif, celui-ci contrôlant l'ordre du jour et, au cas où le
fait majoritaire ne serait pas assez docile, des armes constitutionnelles
existent dans les mains de l'exécutif. Le vote bloqué qui permet de faire
voter un texte en totalité ou en partie en une seule fois, cela reniant le
droit d'amendement, ou encore bien sûr la fameuse procédure de l'article 49
alinéa 3 qui permet de faire passer un texte réputé voté sauf si une motion de
censure venait à être adoptée. M. Gorce s'insurge donc et souhaite un
&laquo;&nbsp;Parlement qui en soit un&nbsp;&raquo;, faisant écho à De Gaulle,
et non simplement un organe &laquo;&nbsp;qui vote mais ne débat
pas&nbsp;&raquo; comme cela avait pu être le cas sous Napoléon III, empereur
des Français.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais nous sommes aujourd'hui quatre ans après
l'importante réforme constitutionnelle de 2008. Il peut dès lors être
intéressant de nous questionner sur son impact qui, nous le savons, a revu la
Constitution de 1958 dans de nombreux articles sur le Parlement, mais pas
seulement. M. Gorce a-t-il eu son &laquo;&nbsp;présidentialisme
rationalisé&nbsp;&raquo; ?  Nicolas Sarkozy, lors des discutions sur cette
réforme, l'avait présenté comme un rééquilibrage des pouvoirs. Est-ce que ce
fût le cas ? Mais en faveur de qui ? Il est indéniable qu'un changement de
cette ampleur a dû avoir une influence. Aussi nous pouvons nous poser cette
question : comment la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 a-t-elle
modifiée l'équilibre des pouvoirs dans le jeu des institutions de la
V<sup class="note">ème</sup> République ?
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour répondre nous allons dans un premier temps nous
pencher sur ce rééquilibrage mais qui paraît incertain (I) puis nous
chercherons un véritable contre-pouvoir (II).

<h2>I. Un rééquilibrage incertain</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans un premier point nous verrons en quoi l'exécutif
s'est tempéré (A) puis si le Parlement a su se saisir des évolutions de la
réforme (B).

<h3>A. Un exécutif tempéré</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&laquo;&nbsp;Le président n'a d'autre pouvoir que
celui de solliciter un autre pouvoir&nbsp;&raquo;. Si l'on en croit les mots
de M. Debré en 1958, la lettre de la Constitution de la
V<sup class="note">ème</sup> République oblige le Président à partager ses
compétences avec d'autres instances. Seulement la pratique et les évolutions
de 1962 et 2000 (pour cette dernière appliquée dès 2002) nous ont montré tout
autre chose. M. Gorce note que c'est dans la &laquo;&nbsp;logique de nos
institutions&nbsp;&raquo;. Soit, il fallait donner un vrai pouvoir à notre
arbitre. Mais il appelle à une limitation &laquo;&nbsp;des pouvoirs de
l'exécutif, et d'abord de celui qui le dirige&nbsp;&raquo;. Depuis la réforme
de 2008, le Président nomme toujours son gouvernement, celui-ci disposant
toujours de l'administration, le Président détient toujours son fait
majoritaire et a toujours, dans la pratique via son gouvernement, l'initiative
des lois à hauteur de 70&nbsp;%. Cependant ses armes ont été quelque peu
réduites. M. Gorce a été exaucé. Le vote bloqué a été limité et ne permet pas
de faire obstacle à la discussion de tous les articles et des amendements qui
s'y rapportent. De plus la procédure du 49 aliéna 3 ne peut effectivement être
utilisée que sur le vote d'un projet de loi de finances ou de financement de
la sécurité sociale &mdash; le nerf de la guerre &mdash; ou, une fois par
session, sur un autre projet ou proposition de loi. Malgré cela, il reste
difficile pour le Parlement d'engager la responsabilité du gouvernement,
l'exemple flagrant étant la difficulté de la mise en &#339;uvre de la motion
de censure. Mais pourtant le Parlement a été dans le texte réinvesti.

<h3>B. Un Parlement réinvesti</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Depuis 2008 les droits de l'opposition sont
constitutionnellement reconnus. Ils ont même voix dans le calendrier. Celui-ci
d'ailleurs a été revu et se partage pour moitié entre le gouvernement et le
Parlement (dont la moitié de cette moitié, soit une semaine, revient à
l'opposition). Ainsi on peut dire que l'initiative parlementaire a pu être
restaurée. De plus on voit au parlement différentes commissions dont des
commissions d'enquête sur l'activité du gouvernement. De même, sorti des
commissions le projet ou la proposition de loi n'est plus distinct des
amendements adoptés. Mais ainsi que dit en début de partie, l'initiative dans
les faits se voit être utilisée surtout par l'exécutif. Mieux, certaines
évolutions, comme le droit de prendre des résolutions depuis 2008,
c'est-à-dire le Parlement qui donne son avis sur la politique du gouvernement
pourvu que cela n'engage pas sa responsabilité, se voit être enfin, et alors
que c'est un pouvoir du parlement &laquo;&nbsp;contre&nbsp;&raquo; le
gouvernement, utilisé par la majorité au profit du gouvernement (cf. projet de
loi interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public).
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous comprenons ainsi que, dans la pratique, même si
l'exécutif a effectivement fait quelques concessions d'annonce, pourrait-on
dire, la réalité n'a pas vraiment changé. Ainsi que déjà dit la pratique est
fondamentale dans un régime et au-delà d'une réforme dans le texte, si l'on
reprend le discours de certains députés lors des discutions de la réforme de
2008, il faudrait surtout, pour avoir un &laquo;&nbsp;Parlement [qui] débatte
et vote&nbsp;&raquo comme le voudrait M. Gorce, voir les députés réinvestir en
masse l'hémicycle.

<p>
Mais notre question reste donc en suspens. Il faut bien, pour éviter
l'arbitraire, pour rationaliser ce &laquo;&nbsp;présidentialisme&nbsp;&raquo;,
pour &laquo;&nbsp;combattre cette culture de l'exécutif&nbsp;&raquo;, un
contre-pouvoir. Et M. Gorce, justement, l'introduit en parlant de cette
institution qui &laquo;&nbsp;donnerait plus d'autorité à la loi&nbsp;&raquo;.

<h2>II. Un véritable contre-pouvoir</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Après avoir vu que le Parlement n'avait pas (encore ?)
réinvesti pleinement sa place dans l'équilibre des pouvoirs au sein de nos
institutions, nous allons nous pencher sur cette assemblée de vénérables,
comme on pourrait l'appeler, qu'est le Conseil constitutionnel. Nous allons
dans une première partie voir l'émancipation de cette institution (A) puis son
effectivité dans le jeu des institutions de notre régime (B).

<h3>A. La voie des Sages</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On peut dire que le Conseil constitutionnel fût
patient. Sans rentrer dans le détail historique, il est important de savoir
qu'il a dû lutter contre l'idée que la loi issue de la souveraineté populaire
ne pouvait être remise en cause. Chemin faisant, le Conseil des Sages s'est
émancipé dans sa tâche première aujourd'hui qui est le contrôle de
constitutionnalité des loi &mdash; on pensera ici à la décision en 1971 sur la
liberté d'association élargissant le bloc de constitutionnalité au préambule,
ou aux Principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, ou
encore à l'intégration de la Charte de l'environnement dans le préambule. On
note que le Conseil est devenu si important que M. Gorce regretta à l'époque
qu'il n'ai pas de moyens d'action plus grand. Notons que depuis 1974, le
Conseil constitutionnel peut être saisi aussi par soixante députés ou soixante
sénateurs dans le cadre d'un contrôle a priori, c'est-à-dire avant que la loi
ne soit promulguée. M. Gorce d'ailleurs note que c'est un contrôle
&laquo;&nbsp;éventuel&nbsp;&raquo;. Le mot est très important car en effet il
est demandé, avant 2008, que soit saisi le Conseil ou bien par ceux à
l'initiative du projet de loi ou par ceux qui vote la loi. C'est-à-dire que
sauf exceptions, il paraît finalement peu probable que toutes les lois passent
par ce contrôle qui se veut être un contrôle au regard des principes
fondamentaux tant pour notre République que dans le cadre des droits de
l'Homme. Et là on sent pointer le potentiel pour venir justement combattre
celui qui &laquo;&nbsp;réduit à bien peu de chose le contrôle du
Parlement&nbsp;&raquo; comme le déplore M. Gorce.

<h3>B. Un contrôle de toutes les lois</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;André Laignel en 1981 avait dit en plein débat à un
membre de l'opposition : &laquo;&nbsp;vous avez juridiquement tord car vous
êtes politiquement minoritaire&nbsp;&raquo;. Il faudra onze ans pour que la
saisine du Conseil constitutionnel soit totalement ouverte à quelques députés
et leur permettre d'avoir juridiquement raison. Mais il y a plus. Nous avons
vu jusqu'à présent comment le Parlement, aussi à cause du fait majoritaire ne
pouvait finalement combattre correctement l'exécutif, sinon le combattre, au
moins le tempérer. La première &laquo;&nbsp;direction&nbsp;&raquo; évoquée par
M. Gorce, et déjà commentée ici, n'a pas démontrée son efficacité. C'est
pourquoi il propose de reconsidérer les conditions du contrôle de
constitutionnalité pour avoir un &laquo;&nbsp;contrôle a posteriori, à
l'initiative de nos concitoyens&nbsp;&raquo;. Évidemment le débat était ouvert
depuis longtemps &mdash; déjà en 1989, François Mitterrand et Robert Badinter
prônaient en ce sens. Il faudra attendre 2008 pour voire naître la question
prioritaire de constitutionnalité. Nous avons ici un mécanisme par voie
d'exception et a posteriori en ce sens où chaque citoyen devant une
juridiction peut, par l'intermédiaire de son avocat, soulever la
constitutionnalité de la loi qu'on lui oppose. Certes la saisine n'est pas
directe dû à des mécanismes de filtres agrémentés de conditions (comme le
caractère <em>sérieux</em> de la question prioritaire de constitutionnalité
qui interroge) mais elle existe et démontre déjà son efficacité.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce contrôle, dont M. Gorce fait appel de ses
v&#339;ux, &laquo;&nbsp;donnerait plus d'autorité à la loi&nbsp;&raquo;. On ne
peut aller que dans ce sens et en tirer deux conclusions. La première est
peut-être un certain constat d'échec dans la bouche de M. Gorce. En effet la
loi, sortie du Parlement, n'aurait pas assez d'autorité en elle-même qu'il lui
faudrait en donner plus. Et pourquoi ?  Est-ce à cause de la main mise de
l'exécutif sur le Parlement ? D'une certaine démission de ce dernier ? En tout
cas, et c'est la seconde conclusion, qui découle, nous avons ici un vrai
contre-pouvoir face aux lois surtout à l'initiative de l'exécutif et en accord
avec une certaine soumission du Parlement. En effet, et même si ce contrôle ne
peut être fait directement et doit être fait uniquement au regard des droits
et libertés fondamentales du citoyen, grâce à la
&laquo;&nbsp;complaisance&nbsp;&raquo; des filtres qui laissent passer les
questions, un grand nombre de lois promulguées depuis 1958 ont pu être
contrôlées. Et même si l'abrogation des lois peut être différée pour des
raisons évidentes, il est indéniable que cette institution rend notre
République plus saine face à un exécutif toujours plus fort et qu'il faut
nécessairement contrôler.

]]></description>
</item>

<item>
<title>[Article par e20100633] Dissertation : La séparation des pouvoirs aux États-Unis d'Amérique</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/separation-des-pouvoirs-aux-usa.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/separation-des-pouvoirs-aux-usa.html</guid>
<pubDate>Mon, 17 Jun 2013 14:44:26 +0200</pubDate>
<dc:creator>e20100633</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<div class="notebar">
[Cette page présente un travail de dissertation ayant pour sujet : <em>Peut-on
voir dans l'organisation politique des États-Unis une séparation stricte des
pouvoirs ?</em> Ce travail a été effectué par un étudiant de première année de
droit dans le cadre de l'examen terminal du premier semestre en droit
constitutionnel. Ce n'est donc pas un corrigé type sur lequel on pourrait
s'appuyer en toute confiance. À ce titre cette dissertation est hautement
critiquable, sujette à erreurs et autres abbérations. Elle n'est reproduite
ici qu'à des fins d'archives et d'informations.]
</div>

<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2013-06-17T14:44:26+02:00" pubdate="pubdate">17 juin 2013</time>, e20100633</span> &mdash;
&laquo;&nbsp;4 juillet 1776 : rien d'important ce jour&nbsp;&raquo; nota dans
son carnet George III le jour de la déclaration d'indépendance des États-Unis
d'Amérique. Le roi de l'Empire sur lequel le soleil ne se couche jamais
n'avait peut-être pas perçu les effets à venir de sa politique sur le nouveau
monde. En effet les habitants des différents États, las des pressions fiscales
importantes que leur faisait subir la Couronne, avaient décidé de se réunir en
confédération dans le but de s'assurer une protection mutuelle. Mais ce
&laquo;&nbsp;corps sans tête&nbsp;&raquo; devait, tout naturellement diront
certains, faire passer ce simple partage de compétences communes en un
véritable État fédéral à même d'asseoir sa souveraineté nouvelle. Cela fût
consacré par l'entrée en vigueur de la Constitution des États-Unis d'Amérique
le 1<sup class="note">er</sup> janvier 1789. Nous passons trop rapidement sur
ces éléments historiques qui sont pourtant l'essence même de la compréhension
de l'organisation politique des États-Unis contemporain &mdash; à savoir, et
suite à la domination anglaise, fondée sur une méfiance extrême d'un pouvoir
politique fort. Cette constitution donc répond d'une part au critère formel au
sens où c'est un &laquo;&nbsp;corps de lois suprêmes, ou ce n'est
rien&nbsp;&raquo; ainsi que le disait Sieyès ; mais d'autre part aussi au
critère matériel, ce texte qui vient organiser les pouvoirs politiques et
garantir les droits et libertés protégeant les individus. Mais les protègent
de quoi ? Du pouvoir central, de ce &laquo;&nbsp;pouvoir qui rend
fou&nbsp;&raquo;, de ce pouvoir dont son détenteur va user sans réserves si on
ne vient pas le limiter ainsi que nous l'explique Montesquieu dans <em>De
l'esprit des lois</em> (1748). Thomas Jefferson est d'ailleurs éloquent sur le
sujet quand il dit que &laquo;&nbsp;le meilleur gouvernement est celui qui
gouverne le moins&nbsp;&raquo;. Il ne laisse pas le pouvoir législatif en
reste en indiquant que &laquo;&nbsp;cent soixante-treize despotes peuvent être
aussi tyranniques qu'un seul&nbsp;&raquo;.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ainsi que nous l'expose Madison, Montesquieu fût, pour
les États-Unis d'Amérique, d'une importance éclairante. On attribue en effet à
ce dernier la théorie de la séparation des pouvoirs. Il dénote trois pouvoirs
qui sont le législatif (celui de faire les lois), l'exécutif (celui de
l'application) et enfin le pouvoir de juger. En substance on comprend d'emblée
que le pouvoir législatif pourrait avoir l'ascendant sur les autres, car étant
celui qui &quot;fait&quot; littéralement &mdash; même si Talleyrand nous
dirait que le &laquo;&nbsp;pouvoir de tout faire n'en donne pas le
droit&nbsp;&raquo;, on comprend l'importance de ne pas dissoudre ces pouvoirs
entre une ou quelques mains et aussi de faire en sorte que ces pouvoirs se
limitent les uns les autres. C'est avec cette idée d'équilibre que
l'organisation politique des États-Unis d'Amérique a été fondée. Ainsi nous
avons d'un côté le Parlement, autrement nommé le Congrès, nécessairement
bicaméral du fait de la fédéralité avec sa Chambre des représentants élus par
le peuple et le Sénat constitué de représentants pour les États fédérés. Et
d'un autre côté nous avons une personne forte incarnée par le Président à la
fois chef de l'État et du gouvernement. Cette figure importante est tout de
même assistée par des conseillers que le Président nomme et révoque <em>ad
nutum</em>. Le régime présidentiel que nous exposons ici a cela d'intéressant
que l'on peut être tenté de voir un cloisonnement sans faille entre le pouvoir
législatif et le pouvoir exécutif. Et cela s'accentue quand on sait que le
Président n'est pas responsable, il ne peut être révoqué par le Parlement et
que dans le même temps le Président ne peut dissoudre le Congrès. On peut dès
lors s'interroger. Les États-Unis d'Amérique ont-ils réellement une séparation
stricte et nette des pouvoirs au sein de leur organisation politique ?
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans le cadre de notre questionnement nous verrons
dans une première partie que les États-Unis d'Amérique sont dotés d'organes
qui ont des fonctions et des moyens bien délimités (I) et dans un second temps
que des possibilités de pression existent cependant (II).

<h2>I. Des organes aux fonctions distinctes et aux moyens limités</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous traiterons ici d'un pouvoir législatif de poids
(A) avant de voir un pouvoir exécutif charismatique (B).

<h3>A. Un pouvoir législatif de poids</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Outre l'autonomie et la superposition, un élément
essentiel de cette &laquo;&nbsp;unité dans la diversité&nbsp;&raquo; est la
participation des États fédérés aux organes du pouvoir de l'État
fédéral. C'est ainsi que le Sénat accueille en son sein généralement deux
représentants par États. À l'instar du Bundesrat allemand, ces représentants
n'ont pas vocation à représenter la population mais bien les États
eux-mêmes. La représentation populaire est laissée à la Chambre des
représentants, ceux-là élus par circonscriptions &mdash; ou par districts
&mdash; au scrutin majoritaire à un tour. Ces deux chambres forment le Congrès
&mdash; en souvenir du premier Congrès continental qui tint lieu il y a de
cela environ deux siècles. Ce parlement bicaméral, s'expliquant donc dans son
organisation du fait de l'État fédéral, va venir voter les lois, compétence la
plus importante. Mais souvenons-nous des conseils de Montesquieu qui indiquait
qu'un pouvoir, ici le législatif, devait venir limiter le pouvoir d'un autre
organe. On sera tenté de comparer le système anglais, ou disons de le
rapprocher, du système étasunien. Tant il est vrai qu'il peut y avoir quelques
influences il ne faut pas se méprendre. Au contraire du parlement britannique,
le Congrès ne peut démettre, il ne peut révoquer le Président pour sa
politique. En effet le Président n'est pas responsable devant le
Parlement. Donc le Parlement en lui-même ne peut venir s'immiscer dans les
affaires du Président et dans la politique qu'il mène.

<h3>B. Un pouvoir exécutif charismatique</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Comme dit, le Président n'est pas responsable devant
le Parlement. Il ne peut en aucune façon dissoudre le Congrès. Le Président,
élu au suffrage majoritaire, est, même s'il est élu par des représentants,
l'élu du peuple nous dit Gicquel. De ce fait, il est envoyé par le peuple pour
remplir une mission, son programme politique. Chef de l'État et du
gouvernement, il dirige seul sa politique, uniquement assister par une équipe
choisie par ses soins, ses secrétaires d'État. Il doit donc compter, pour
faire passer ses projets de loi, soit sur les sympathisants acquis à sa cause
au Congrès, soit sur ses propres capacités. C'est donc nécessairement une
personne charismatique avec un fort leadership dont la principale activité
sera de discuter ou marchander, pour faire passer ses projets, dans les
&laquo;&nbsp;couloirs&nbsp;&raquo; du parlement. Cet organe de l'exécutif,
monocéphale, a donc fort à faire pour convaincre ce Parlement qui, par sa
nature même, se meut que difficilement.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous avons donc ici deux organes forts, typique du
régime présidentiel. On peut s'interroger sur ce rapport de force qui tient du
&laquo;&nbsp;miracle&nbsp;&raquo; si l'on en croit Gicquel. On pourrait penser
qu'ils tendent à rester figés, les étasuniens préférant peut-être des organes
inactifs plutôt que néfastes. Il n'en est pourtant rien.

<h2>II. Des possibilités de pression efficaces</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous présenterons ici tout d'abord les possibilités
pour le Président d'agir sur le Parlement (A) et comment ce dernier peut
intervenir auprès de l'exécutif (B).

<h3>A. &laquo;&nbsp;David contre Goliath&nbsp;&raquo;</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'analogie ici n'est pas veine. En effet, le Président
outre ses talents naturels possèdent quelques moyens devant le Parlement. On
peut penser d'une part à l'influence que peut avoir son discours traditionnel
sur l'état de l'Union. C'est l'occasion pour lui de définir et présenter
&mdash; non pas imposer &mdash; son programme. On voit ici clairement une
possibilité d'influence même si cela se pondère avec l'avancée du mandat
présidentiel. Un autre point important est le droit de veto suspensif du
Président. Il peut ainsi s'opposer à une loi et la renvoyer devant le
Parlement qui devra la modifier ou, s'il veut tout de même la faire passer en
l'état, avoir le vote des deux tiers des assemblées &mdash; ce qui n'est pas
rien. Le pouvoir législatif peut être donc contré par le pouvoir
exécutif. Malgré une séparation rigide des pouvoirs il existe bien des leviers
pour agir sur le législatif. Cependant un autre pouvoir peut agir sur lui,
même si dans une moindre mesure. En effet suite à l'arrêt Marbury vs. Madison,
en 1803, la Cour suprême des États-Unis d'Amérique a reconnu à l'ensemble des
juridictions ordinaires la possibilité par voie d'exception de mettre de côté
une loi si elle est contraire à la Constitution. Les juges ordinaires élus par
le peuple ont donc les moyens de faire perdre de sa force probante à une loi
votée en Congrès.

<h3>B. Un Parlement sans pitié</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous l'avons vu, le Président a quelques moyens de
pression sur le Parlement. Mais il n'y aurait pas d'équilibre si lui-même
n'avait pas la possibilité, à son tour, d'agir sur le Président. Il existe
plusieurs modalités mais la plus spectaculaire reste la procédure
d'<em>impeachment</em>. C'est une procédure reprise à l'Angleterre où le
Parlement va venir mettre en cause la responsabilité pénale du Président des
États-Unis d'Amérique alors que celui-ci est en fonction. Le premier grand cas
en la matière auquel on pense est la procédure, dans le cadre du Watergate,
qui a vu le président Nixon démissionner en 1974, avant même que ladite
procédure arriver à terme. Une autre affaire est celle du Monicagate (en
référence à l'affaire de Nixon) qui verra Clinton subir cette procédure pour
avoir menti sous serment au Congrès. Effectivement le Parlement ne peut pas
intervenir directement dans la politique du Président ni le contraindre. Mais
le pouvoir &laquo;&nbsp;de faire des choses extraordinaires&nbsp;&raquo; du
Président devait trouver une limite, et ainsi que nous l'enseigne Montesquieu,
au cas où il en abuserai. Et il trouve cette limite dans une action possible
du Parlement.

]]></description>
</item>

<item>
<title>[Article par illov&amp;aelig;] Sortie de ratpoison 1.4.6 et gestion de todolist</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/rp1.4.6-gestion-todolist.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/rp1.4.6-gestion-todolist.html</guid>
<pubDate>Mon, 08 Apr 2013 11:47:45 +0200</pubDate>
<dc:creator>illov&amp;aelig;</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2013-04-08T11:47:45+02:00" pubdate="pubdate">08 avril 2013</time>, illov&aelig;</span>
&mdash; Ah, <a href="http://www.nongnu.org/ratpoison/" hreflang="en"
class="external">ratpoison</a> ! Quelques jours seulement après
<a href="http://porneia.free.fr/pub/archives/2013.html#0404"
   hreflang="fr">l'annonce de la RC1 de ratpoison-1.4.6</a> faîte par Jérémie
Courrèges-Anglas, qui fait suite d'ailleurs à l'initiateur du projet Shawn
Betts, voici finalement
<a href="https://lists.nongnu.org/archive/html/ratpoison-devel/2013-04/msg00001.html"
   class="external" hreflang="en">l'annonce de la version finale, version
1.4.6</a>, de notre cher gestionnaire de fenêtre nous permettant de libérer
notre souris. Le nouveau développeur du projet, à savoir donc Jérémie qui
opère officiellement en tant que mainteneur du projet depuis le 8 février
dernier si l'on en croit le ChangeLog, n'a pas chômé ces dernières semaines
(qui finissent au bout du compte par faire des mois). Au menu, correction de
bugs en tout genre, ajout/modification au niveau de la page de manuel,
intégration des patchs (notamment la tant attendue, en tout cas pour ma part,
intégration totale de l'UTF-8), et autres joyeusetés. Tous les détails sont
dans les fichiers <code>NEWS</code> et <code>ChangeLog</code> bien sûr.

<p>
Le téléchargement de la nouvelle version peut se faire via le site officiel
bien sûr
(<a href="http://download.savannah.nongnu.org/releases/ratpoison/ratpoison-1.4.6.tar.gz"
class="external">tar.gz</a>
et <a href="http://download.savannah.nongnu.org/releases/ratpoison/ratpoison-1.4.6.tar.gz.sig"
class="external">tar.gz.sig</a>
; <a href="http://download.savannah.nongnu.org/releases/ratpoison/ratpoison-1.4.6.tar.xz"
class="external">tar.xz</a>
et <a href="http://download.savannah.nongnu.org/releases/ratpoison/ratpoison-1.4.6.tar.xz.sig"
class="external">tar.xz.sig</a>). N'hésitez pas bien sûr à consulter sur le
wiki du projet la page concernant
l'<a href="http://ratpoison.wxcvbn.org/cgi-bin/wiki.pl/Installation"
hreflang="en" class="external">installation</a> voir même, pourquoi pas,
la <a href="http://ratpoison.wxcvbn.org/cgi-bin/wiki.pl/FAQ" hreflang="en"
class="external">FAQ</a>.

<p>
Les utilisateurs quotidiens de ratpoison le savent très bien, ce gestionnaire
de fenêtre est conçu pour être parfaitement modulable, notamment par
l'intermédiaire de la <em>status bar</em> qui peut servir à faire à peu près
tout ce que l'imagination permet... d'imaginer (forcément). J'exagère un peu
mais cela peut aller de l'affichage simple de l'heure en passant par des
notifications quelconques jusqu'à un véritable système intéractif permettant
de gérer évidemment ratpoison lui-même mais aussi tout ce qu'on pourrait
envoyer comme variable à un script/programme tiers. Pour donner un exemple
concret sur ce dernier point, je m'en servais comme d'une télécommande pour ma
Freebox v5 par le truchement d'un simple script bash.

<p>
Dans le même état d'esprit, et histoire de ne pas faire qu'un simple billet
d'annonce d'une nouvelle version, je vais vous présenter la façon dont je gère
ma todolist avec ratpoison. Alors il faut savoir tout de suite que j'ai des
besoins assez simples en ce domaine, à savoir ajout et suppression d'éléments
bien sûr principalement. J'ai longtemps utilisé
<a href="http://swapoff.org/devtodo.html" hreflang="en"
class="external">devtodo</a>, excellent outils, très complet (peut-être même
trop pour moi finalement). Je me suis cependant retranché depuis quelques mois
sur un simple script bash nommé <a href="http://todotxt.com/" hreflang="en"
class="external">Todo.txt</a> qui répond parfaitement à mes besoins limités
même s'il dispose encore d'options que je n'utilise pour ainsi dire
jamais. Bon, ce n'est pas le sujet donc je ne vais pas vous le présenter, mais
si ça vous intéresse il n'y a vraiment rien de sorcier et puis au pire
<a href="https://github.com/ginatrapani/todo.txt-cli/wiki" hreflang="en"
class="external"</a>il y a la documentation</a>.

<p>
L'idée donc est d'interagir avec Todo.txt (mais ça marcherai très bien aussi
avec devtodo ou un script personnel ceci dit) en utilisant la status bar de
ratpoison et cela pour 1) afficher la todolist 2) afficher la todolist mais en
y applicant un filtre, histoire de ne voir que les élements voulus (par projet
ou par contexte/tag) 3) ajouter des éléments à la todolist 4) supprimer des
éléments de la todolist 5) prioriser un élément et enfin 6) le déprioriser. Il
faut savoir que ratpoison permet d'assigner un jeu de touche à certaines
fonctions particulières comme on peut le faire avec GNU Screen ou tmux par
exemple. J'ai décidé d'assigner la combinaison de touches <code>s-t</code>,
soit la touche <code>super</code> (autrement nommée windows) et la
touche <code>t</code>, comme base pour interagir avec l'outils de gestion de
ma todolist et d'attribuer des touches spécifiques pour chaque action que je
souhaite effectuer. Manière d'être plus clair, par exemple pour afficher ma
todolist avec la status bar de ratpoison, je tape <code>s-t l</code>, soit la
combinaison de touche super et t, puis l. Bref, une image valant souvent mieux
que de longs discours, voici le résultat :

<p style="display:block;margin:0 auto;">
<figure>
<img title="[Todo.txt dans ratpoison]" class="imgborder"
     alt="[Todo.txt dans ratpoison]"
     src="http://porneia.free.fr/pub/img/todotxt-rp.png">
<figcaption>Affichage de la todolist via la status bar de
  ratpoison</figcaption>
</figure>

<p>
Comme dit cette fameuse barre permet une certaine interactivité, donc on peut
très bien l'utiliser pour faire ce que j'ai exposé ci-dessus, et même plus si
on voulait. Pour cela, j'ai ajouté ces quelques lignes dans
mon <code>~/.ratpoisonrc</code> :

<div class="highlight"><pre><code class="sh"><span class="c">## TODOLIST</span>
<span class="c"># On commence par ajouter les alias vers les commandes désirées :</span>
<span class="nb">alias </span>todo <span class="nb">exec </span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;echo $(todo.sh ls)&quot;</span>
<span class="nb">alias </span>todolsc <span class="nb">exec </span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;echo $(todo.sh ls $(ratpoison -c &quot;</span>prompt todo context: <span class="s2">&quot;))&quot;</span>
<span class="nb">alias </span>todoa <span class="nb">exec </span>todo.sh a <span class="k">$(</span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;prompt todo add: &quot;</span><span class="k">)</span>
<span class="nb">alias </span>tododel <span class="nb">exec </span>todo.sh -f del <span class="k">$(</span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;prompt todo del: &quot;</span><span class="k">)</span>
<span class="nb">alias </span>todopri <span class="nb">exec </span>todo.sh pri <span class="k">$(</span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;prompt todo pri: &quot;</span><span class="k">)</span>
<span class="nb">alias </span>tododepri <span class="nb">exec </span>todo.sh depri <span class="k">$(</span>ratpoison -c <span class="s2">&quot;prompt todo depri: &quot;</span><span class="k">)</span>
<span class="c"># On créé le keymap spécifique pour la todolist</span>
newkmap super-t
<span class="c"># On assigne les touches pour chaque alias</span>
definekey super-t l todo
definekey super-t c todolsc
definekey super-t a todoa
definekey super-t d tododel
definekey super-t p todopri
definekey super-t u tododepri
<span class="c"># Enfin on indique je ne sais pas trop quoi mais sans ça ratpoison</span>
<span class="c"># ne comprend pas que s-t == super-t (j&#39;ai suivi la doc, j&#39;ai pas trop</span>
<span class="c"># cherché à comprendre, j&#39;avoue)</span>
definekey top s-t readkey super-t
</code></pre>
</div>


<p>
J'ai instamment voulu utiliser une autre combinaison de touche bien spécifique
(avec la touche <code>super</code> et <code>t</code> ici) que celle par
défaut, d'une part pour ne pas interférer avec mes commandes liées à la
gestion de ratpoison et aussi pour ne pas interférer avec Emacs. Donc par
exemple, personnellement avec cette configuration, quand je tape <code>s-t
a</code> un prompt s'ouvre et attend que j'entre l'item de la liste à ajouter,
suivi de la touche entrée pour valider. J'ai de cette manière accès très
simplement et rapidement, depuis mon gestionnaire de fenêtre, à la gestion de
ma todolist au quotidien sans forcément devoir passer par un terminal et/ou un
éditeur de texte. Non, sérieusement, c'est super pratique.

]]></description>
</item>

<item>
<title>[Article par e20100633] Dissertation : Le chef de l'État et les rapports au sein de l'exécutif</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/chef-de-l-etat-et-executif.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/chef-de-l-etat-et-executif.html</guid>
<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 22:11:14 +0100</pubDate>
<dc:creator>e20100633</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<div class="notebar">
[Cette page présente un travail de dissertation dont le sujet est le suivant
: <em>Depuis la rédaction de la constitution de 1958, l'institution
    présidentielle a subi deux mutations majeures : l'élection au suffrage
    universel direct et le passage au quinquennat. Peut-on dire de ces
    réformes, et pourquoi, qu'elles ont changé les rapports entre le Président
    et le Gouvernement ?</em> Ce travail a été effectué par un étudiant de
première année de droit dans le cadre des travaux dirigés de droit
constitutionnel, ce n'est donc pas un corrigé type sur lequel on pourrait
s'appuyer en toute confiance. À ce titre cette dissertation est hautement
critiquable, sujette à erreurs et autres abbérations. Elle n'est reproduite
ici qu'à des fins d'archives et d'informations.]
</div>

<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2013-03-21T22:11:14+01:00" pubdate="pubdate">21 mars 2013</time>, e20100633</span> &mdash;
C'est ainsi que, suite aux péripéties du régime partisan de la
IV<sup class="note">e</sup> République, De Gaulle dû se dire en lui-même tel
Ulysse en Homère &laquo;&nbsp;<em>D'avoir plusieurs seigneurs aucun bien je
n'y voi : Qu'un, sans plus, soit le maître et qu'un seul soit le
roi</em>&nbsp;&raquo;. Il exposa, en conséquence, sa vision pour l'avenir des
institutions françaises dans un discours prononcé le 16 juin 1946 à Bayeux où
l'on peut y comprendre qu'il souhaitait un chef de l'exécutif fort, un
véritable chef de l'État, ce &laquo;&nbsp;Président de l'Union Française en
même temps que celui de la République&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-1"
class="note"><a href="#cite_note-1"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>1<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Mais,
tel les hommes et les femmes d'alors, on pouvait certainement craindre le
pouvoir trop grand d'un seul qui aurait réuni les conditions faisant
&laquo;&nbsp;apparaître la menace de la dictature (&#8230;), [cette] grande
aventure&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-2" class="note"><a href="#cite_note-2"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>2<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>,
ainsi qu'il la présente lui-même. Et effectivement, &laquo;&nbsp;c'est un
extrême malheur d'être sujet à un maître, duquel on ne se peut jamais assurer
qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il
voudra&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-3" class="note"><a href="#cite_note-3"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>3<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Aussi,
pour compenser la &laquo;&nbsp;perpétuelle effervescence
politique&nbsp;&raquo; française, De Gaulle, conscient peut-être de ne pas
pouvoir revenir sur des acquis garant d'une certaine démocratie, prônent entre
autres solutions la séparation nette et équilibrée des pouvoirs ainsi qu'un
bicamérisme législatif. Reste que pour lui, le chef de l'État doit assurer,
&laquo;&nbsp;au-dessus des contingences politiques, (&#8230;) un arbitrage
national qui fasse valoir la continuité au milieu des
combinaisons&nbsp;&raquo;.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Passons rapidement la formation de cette
V<sup class="note">e</sup> République et concentrons nous quelque peu sur
l'apparition d'un homme fort à la tête de l'exécutif.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cet arbitre, dans son esprit véritable contre-pouvoir
aux chambres législatives, ne pouvant procéder du législatif et cela afin
d'éviter une confusion des pouvoirs, avait gardé son septennat mis en
&#339;uvre par la loi du 20 novembre 1873 par le président
Mac-Mahon. Initialement en compromis entre les velléités des différentes
forces de la III<sup class="note">e</sup> République et contentant ainsi à la
fois les monarchistes et les républicains entre autres bonapartistes. Mais
l'intérêt premier dans ce qui nous occupe est qu'il y a dès lors un mandat
présidentiel qui ne correspond pas au mandat des représentants de la nation
élus pour cinq ans, ceci renforçant la possibilité pour ce président de se
placer au-dessus, d'avoir une place à part, où le bilan électoral qui sera
fait d'une législature ne sera pas celui de l'action du chef de l'État.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un autre élément important institué par la
Constitution de 1958 est la désignation du chef de l'État au suffrage
universel indirect. Il est ainsi désigné par un collège dit élargi &mdash; et
tel que cela avait été annoncé par le discours de Bayeux en 1946 &mdash;
composé de près d'une centaine de milliers de grands électeurs. Bien qu'une
élection au suffrage universel direct avait été envisagée, celui-ci a été
rejeté ; malgré cela l'élection par un collège élargi permet de conserver une
indépendance vis-à-vis des parlementaires.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ces deux éléments vont connaître des changements
profonds au regard des relations entre nos institutions.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'idée initiale, à peine voilée, du général d'établir
des élections du chef de l'État au suffrage universel direct avait donc été
mise de côté au bénéfice d'un suffrage universel indirect. Il faut comprendre
que le climat particuliers qui était à l'été 1958 ne permettait alors
finalement pas de voir naître ce système électoral. Deux éléments sont à
retenir. D'une part le fait qu'un suffrage de ce type rappelait trop dans les
esprits de l'époque certaines heures sombres de la République pour les
partisans de ce régime. En effet Louis Napoléon Bonaparte avait été lui-même
élu président de la Seconde République au suffrage universel direct, ce qui
avait été son premier pas dans sa légitimisation lui permettant par la suite
de se vêtir du titre de Prince-Président puis finalement de rétablir l'Empire
sous le nom de &laquo;&nbsp;Napoléon III, empereur des
Français&nbsp;&raquo;. Ensuite, toujours à cet été 1958, il faut se souvenir
que le Parti communiste français était un parti fort avec une présence
électorale importante. Et Aristophane nous enseignant qu'un
&laquo;&nbsp;gouvernement populaire n'appartient pas aux hommes instruits ou
aux m&#339;urs irréprochables, mais aux ignorants&nbsp;&raquo;, cela aurait
indubitablement fait courir le risque de voir élu un président de la
République française communiste tenant fermement dans une main la faucille des
paysans et dans l'autre le marteau du prolétariat ouvrier. Aussi la question
du suffrage ne reviendra pas dans les esprits avant l'automne 1962. C'est à
cette date en effet que la République retrouve une certaine sérénité suite aux
accords d'Évian mettant fin à la guerre d'Algérie. Souvenons-nous que le
système de la V<sup class="note">e</sup> République avait aussi été pensé afin
justement de régler cette crise. De Gaulle, &laquo;&nbsp;élevé par-dessus les
autres, flatté par <em>je ne sais quoi</em> qu'on appelle la grandeur,
délibère de n'en bouger point&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-4"
class="note"><a href="#cite_note-4"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>4<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
et s'interroge certainement ; le septennat s'achevant, le collège élargi le
réélira-t-il ?  Un fait d'actualité va autoriser le président en place de
réaliser ses ambitions, l'attentat du Petit-Clamart de mai 1962, qui, y
survivant, va lui permettre, sur le fondement de l'article 11 de la
Constitution, de venir modifier l'article 6 dans le but d'y instaurer le vote
du président de la République au suffrage universel direct. Une crise
politique naît dès lors suite à l'opposition d'une grande partie de la classe
politique qui amènera le général à dissoudre l'Assemblée nationale renvoyant
les représentants devant les électeurs et débouchant alors sur deux campagnes,
une référendaire, l'autre législative, dont le seul objet est finalement de
donner raison à l'une ou l'autre idée. Le peuple français
&laquo;&nbsp;assujetti, [étant tombé] si soudain en un tel et si profond oubli
de la franchise, qu'il n'est pas possible qu'il se réveille pour la ravoir,
servant si franchement et tant volontiers qu'on dirait, à le voir, qu'il a non
pas perdu sa liberté, mais gagné sa servitude&nbsp;&raquo; pris parti de
pouvoir élire lui-même son chef de l'État qui aura maintenant son
&laquo;&nbsp;royaume par élection du peuple&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-5"
class="note"><a href="#cite_note-5"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>5<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
puisque qu'un plébiscite important de cette réforme sera fait à hauteur de
62,25 % ce 28 octobre 1962.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cet évènement va marquer un tournant important car il
va amener un nouvel équilibre au sein des institutions françaises. À cette
date, nous voyons l'apparition de ce que l'on nomme &laquo;&nbsp;le fait
majoritaire&nbsp;&raquo;. Les électeurs aux législatifs de 1962 ont en effet
confirmé leur choix référendaire en donnant une large majorité au parti
présidentiel, soit le parti gaulliste. Et nous allons assister à
l'instauration, en pratique, d'une configuration qui consiste pour un chef de
l'État à disposer, quasi systématiquement, d'une majorité stable, cohérente et
unitaire à l'Assemblée nationale et faisant disparaître cette crainte de la
difficulté des constitutions d'une majorité parlementaire. Nous pouvons dire
que le chef de l'État est dorénavant un véritable leader de la majorité en
place. Et cette fonction sera peut-être encore plus accentuée par une réforme,
celle du quinquennat. Après une tentative infructueuse sous la présidence
Pompidou en 1973, un jeu politique se fera dans l'année 2000 qui aboutira à un
référendum du 24 septembre 2000 sur cette question du passage du mandat
présidentiel de sept à cinq ans. Une approbation se fera à 73 % pour &mdash;
sur 30 % de participation. Cette réforme entérine dès lors l'idée que le chef
de l'État est le gardien des institutions et renforce le fait qu'il est le
chef de la majorité parlementaire. Cependant il est intéressant de constater
que, par un concours de circonstances, le mandat présidentiel et le mandat
législatif se retrouvent en coïncidence dès l'année 2002, soit les élections
suivantes &mdash; et cela bien que rien ne soit prévu en ce sens dans la
Constitution.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous commençons à comprendre que ces réformes ont
véritablement entamé les dispositions prévues à l'origine dans le discours de
Bayeux de 1946 et formalisées dans la Constitution du 4 octobre 1958
concernant ce fameux rôle d'arbitre du chef de l'État. Ainsi, on peut
s'interroger en nous demandant si malgré ces réformes importantes, qui ont
bouleversé l'équilibre des institutions, l'esprit véritable de la
V<sup class="note">e</sup> République tel que voulu par le général a perduré
jusqu'à nos jours. Dans ce sens, on peut pousser le raisonnement plus en avant
en posant la problématique suivante ; ces réformes constitutionnelles de 1962
et 2000 ont-elles modifiées la fonction présidentielle telle qu'on peut
l'observer dans le régime français actuel ?
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Afin de répondre nous allons développer deux points ;
nous verrons les évolutions qu'ont été apportée à ce rôle d'arbitre du chef de
l'État tel que l'avait voulu initialement le général (I) puis dans un second
temps nous aborderons la fameuse question de l'implication pour cette tête de
l'exécutif de l'apparition du quinquennat (II).

<h2>I. Un retour sur l'arbitre de la Constitution de 1958</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous allons voir dans cette partie comment la fonction
du chef de l'État, arbitre donc dans ce régime de la
V<sup class="note">e</sup> République, a subi des évolutions majeures en
abordant la question délicate de la légitimisation par le peuple (A) puis des
conséquences que cela a entraîné (B).

<h3>A. Un président légitime pour le peuple français</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ainsi qu'il a été exposé en introduction, les accords
d'Évian furent un tournant car ils soulevèrent dès lors la question de la
légitimisation du chef de l'État. Nous avons évoqué la question référendaire
et il peut être intéressant de s'appuyer sur les arguments apportés par le
général en personne sur cette question. Celui-ci dans un véritable discours de
campagne du 20 septembre 1962 nous montre l'importance de recourir au suffrage
universel direct pour élire le président de la République. On y retrouve cette
place particulière qu'occupe le chef de l'État, De Gaulle exposant, plus ou
moins à raison, les pouvoirs dont il dispose institués par la Constitution qui
donne &laquo;&nbsp;une tête à l'État&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-6"
class="note"><a href="#cite_note-6"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>6<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Il
explique de plus que lui, fort de ses victoires passées, notamment
politico-militaires, a de fait cette légitimité que doit ou devrait revêtir la
personne qui exercerait ces fonctions, que dans tous les cas il lui faut
&laquo;&nbsp;la confiance explicite de la
nation&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-7" class="note"><a href="#cite_note-7"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>7<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Ainsi
qu'il le dit plus loin, dans sa grandeur d'âme, il n'avait pas voulu en 1958
soumettre sa candidature au peuple au travers de ce qu'il nomme un
&laquo;&nbsp;vote&nbsp;&raquo; &mdash; que le
<em>Dictionnaire du Diable</em> défini comme un vote populaire destiné à bien
établir l'autorité du souverain &mdash; et niant peut-être ainsi les forces
politiques d'alors qui l'avaient poussé à opter pour une élection par un
collège élargi.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cependant il pose une question qui mérite toute notre
attention. Qu'en sera-t-il pour ces successeurs qui auront certainement de
grandes difficultés à mettre en avant cette légitimité nécessaire au chef de
l'État ? C'est là où la réponse apportée par le général prend tout son sens
effectivement. Faut-il rappeler que face au président se trouve un Parlement,
bicaméral, dont l'une des chambres, la chambre basse, est constituée de
représentants directement élus par le peuple ? Il était bien connu que lorsque
De Gaulle, général de son état, pourfendeur du mal qui a secoué l'Europe,
instigateur d'un gouvernement exilé et résistant et grand libérateur de la
France occupée, quand celui-ci ordonnait, il y avait de fortes chances pour
qu'il s'attende à ce que ce soit entendu de façon forte et claire. Il pouvait
en effet, par lui-même, être ce contre-pouvoir du législatif qui sans lui
aurait pu retomber dans les vicissitudes passées, ce &laquo;&nbsp;funeste
système d'antan&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-8"
class="note"><a href="#cite_note-8"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>8<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Mais
comment, dès lors, un président sans légitimité populaire pourrait-il, sinon
affronter, à tout le moins discuter d'égal à égal avec ces représentants si ce
n'est en ce faisait lui-même portée par le vote des français ?
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous aurons donc un vote favorable, par référendum, du
peuple français pour cette réforme constitutionnelle de l'article 6 alinéa
premier <em>in fine</em> de la Constitution qui disposera dorénavant que le
&laquo;&nbsp;Président de la république est élu (&#8230;) au suffrage
universel direct&nbsp;&raquo;. Cela aura évidemment des implications majeures
dans la manière dont la fonction présidentielle va maintenant s'exprimer,
celui-ci étant aussi un élu du peuple. Mais un évènement va venir renforcer
encore plus la prédominance que prend peu à peu le président de la
République. En effet l'on se souvient que l'automne 1962 voit deux campagnes
se jouer &mdash; l'une référendaire et l'autre législative. La dissolution de
l'Assemblée nationale par le général n'avait été dans un autre but de voir si
finalement le peuple le soutenait en renvoyant des représentants qui seraient
favorables à ses idées. Et c'est exactement ce qui arrivera. On se retrouvera
alors avec ce que l'on nomme le &laquo;&nbsp;fait majoritaire&nbsp;&raquo; qui
n'est ni plus ni moins qu'une Assemblée nationale acquise dans sa majorité au
président de la République en place.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;D'une part nous avons un président de la République
directement élu par le peuple français et de ce fait bénéficiant de toute la
légitimité qu'il pourrait désirer, consacrant ainsi totalement son rôle en
tant qu'institution forte dans ce régime de la V<sup class="note">e</sup>
République. Mais pas uniquement, car le fait majoritaire va venir totalement
faire disparaître une crainte toujours présente aux esprits dû à une certaine
effervescence politique dont De Gaulle faisait déjà mention dans son discours
de Bayeux en 1946. Ainsi cette répartition, voir cet éparpillement, des partis
politiques qui ont coûté la stabilité du régime de la
IV<sup class="note">e</sup> République va être ici mise de côté. Nous allons
en effet avoir un président de la République, la tête du pouvoir exécutif, élu
au suffrage universel direct, accompagné d'une Assemblée nationale, l'autre
grand pouvoir, le législatif, lui aussi élu au suffrage universel direct qui
sera dans sa majorité acquise aux idées et aux politiques qu'il va diriger. Si
on observe le phénomène de loin on pourrait considérer qu'il n'y a alors plus
d'obstacles à ce que la politique d'un homme puisse être menée à bien, le
Parlement votant des lois projetées par le gouvernement et exécutées par
lui-même.

<h3>B. Les conséquences d'un &laquo;&nbsp;Président des français&nbsp;&raquo;</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le fait majoritaire constitue un véritable tournant
car nous pouvons noter ici le début d'un déséquilibre entre les pouvoirs des
institutions de cette V<sup class="note">e</sup> République. En effet, le chef
de l'État est, d'une part, maintenant reconnu par le peuple et est, de plus,
soutenu de manière stable et cohérente par une majorité dans la chambre basse
&mdash; ce déséquilibre se faisant au profit du président de la République,
faut-il le préciser. Cependant cela doit être pondéré, car cette force est
directement à mettre en lien avec ledit fait majoritaire. C'est ainsi que nous
pouvons distinguer la pratique dans cette période de grâce d'un retour pour le
président à ses strictes attributions constitutionnelles.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En période dite &laquo;&nbsp;normale&nbsp;&raquo;,
c'est-à-dire avec le fait majoritaire, le président de la République a toute
largeur pour constituer son gouvernement comme il l'entend. En effet, ainsi
qu'en dispose l'article 8 de la Constitution française du 4 octobre 1958, il
&laquo;&nbsp;nomme le Premier ministre&nbsp;&raquo;, ce lien de nature
hiérarchique sous-entendant normalement toujours, d'un point de vue
administratif, une possibilité de révocation. Mais, plus loin, il est
cependant ajouté que la fin des fonctions du premier des ministres ne se fera
que &laquo;&nbsp;sur la présentation par celui-ci de la démission du
Gouvernement&nbsp;&raquo;. Il n'est évidemment pas question ici de ce qui
pourrait sembler un détail mais il reste intéressant de s'interroger sur les
possibilités pour qu'un premier ministre, devant son responsable politique,
chef de la majorité, puisse se faire démissionner par ce responsable en
question, étant dans la totale dépendance de la volonté présidentielle. Même
si le texte constitutionnel ne le prévoit pas ainsi, le général n'hésitera pas
à dire, dans une conférence du 31 janvier 1964, qu'il &laquo;&nbsp;ne saurait
accepter qu'une dyarchie existât au sommet. (&#8230;) Le Président (&#8230;)
qui choisit le Premier Ministre, le nomme ainsi que les autres membres du
gouvernement, (&#8230;) a la faculté de le changer, soit parce que se trouve
accomplie la tâche qu'il lui destinait et qu'il veuille s'en faire une réserve
en vue d'une phase ultérieure, soit parce qu'il ne l'approuverait
plus&nbsp;&raquo;. Indéniablement on ne saurait être plus clair alors quant à
l'application de l'article 20 de la Constitution, &laquo;&nbsp;le Gouvernement
détermine et conduit la politique de la Nation&nbsp;&raquo; ; le gouvernement
en question étant sous le joug du président, c'est alors ce dernier qui va
véritablement déterminer et conduire la politique de cette nation.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Mais une autre période est à mettre en avant ici. La
cohabitation est un moment où le président de la République se retrouve opposé
politiquement à la chambre basse &mdash; situation dans laquelle les
institutions n'avaient pas été prévue de fonctionner soit dit en passant. Nous
avons vu avec l'article 8 de la Constitution que le choix est libre dans la
désignation du premier ministre. Mais avec la première cohabitation de 1986,
un choix sera fait par François Mitterrand. Il prendra acte du vote des
électeurs aux législatives et nommera un premier ministre issu de
l'opposition, Jacques Chirac. Le ton sera donné, et les cohabitations
suivantes reprendront cet exemple ; Édouard Balladur en 1993 sous le nouveau
gouvernement Mitterrand et en 1997, Jacques Chirac, devenu président de la
République, dans la même situation prendra Lionel Jospin. La question
importante qui se pose évidemment au constitutionnaliste débutant et de savoir
lequel des deux aura alors un pouvoir sur l'autre. Il est important que ces
personnes trouvent des compromis car il en va de l'intérêt de la France mais
la psychologie nous apprend que dans une relation duelle, surtout dans un cas
particuliers comme celui-ci peut-être, nous trouverons un dominant et un
dominé. Sans rentrer dans le détail de l'événementiel, nous noterons que
finalement Chirac, attendant son heure venir peut-être, se pliera devant
Mitterrand à la suite de ce que l'on a nommé la querelle des ordonnances.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ce qu'il faut retenir surtout ici c'est que ce pouvoir
important du président, du fait du suffrage universel et du fait majoritaire,
va se voir, à trois reprises dans l'histoire de la V<sup class="note">e</sup>
République, limiter de fait, contraint par le vote des électeurs à se borner à
appliquer la lettre de la Constitution ; celui-ci lui retirant ainsi la
possibilité que la pratique lui avait donné d'ordonner et contrôler le destin
politique du pays. En effet, le seul rempart à cette puissance que le peuple
lui a délaissé ne peut plus être contrebalancée que par un antagonisme, mal vu
et sans rappeler qu'il se trouve hors Constitution. Dans cette partie que joue
aux dés la Dame et le Destin au royaume du Jolhimôme, il est indéniable que la
suite des évènements que nous allons aborder à, rétrospectivement, fait
marquer la domination de l'un sur l'autre bien que nous ne saurons
probablement jamais lequel des deux, finalement, remportera la partie.

<h2>II. L'adéquation des mandats de l'exécutif et du législatif</h2>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Un autre tour dans les institutions de la
V<sup class="note">e</sup> République est venue augmenter la donne que nous
avons développé dans le point I. Cet autre tour n'est autre que le passage du
septennat au quinquennat. Nous allons voir, dans ce point II, que cette
disposition finira de consacrer le pouvoir du chef de l'État (A) avant
d'aborder, sous forme de synthèse, ce que cette plénitude change pour le
régime de la V<sup class="note">e</sup> République (B).

<h3>A. La plénitude du chef de l'État</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Notre <em>clef de voûte des institutions</em>, selon
la formule de Michel Debré, avait depuis le début de la
V<sup class="note">e</sup> République un mandat d'une durée de sept
année. Présenté par certains comme un véritable anachronisme, nous avons
cependant vu que dans l'idée, cela permettait, à l'origine pour le général de
se placer à part, en dehors des réflexions que l'on pourrait avoir sur la
législature qui, elle, voit son mandat renouvelé tous les cinq ans. Ainsi, dès
l'arrivée des nouveaux représentants, le président pouvait sur le fondement de
l'article 8 introduire un nouveau premier ministre en adéquation avec la
nouvelle majorité &mdash; sauf cas de cohabitation ainsi que nous l'avons déjà
exposé. Mais bien avant que la première d'entre elles n'arrive, dès 1973,
Pompidou avait tenté de réformer le mandat présidentiel mais sans succès. Il
faudra attendre les années 2000 comme nous le savons.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'idée qui a été retenue a été la synchronisation de
celui-ci avec le mandat législatif. D'une part pour le faire coïncider dans la
durée, soit cinq ans, mais surtout en plaçant les élections présidentielles
quelques semaines en amont des élections législatives, cela afin de permettre
bien sûr le fait majoritaire. Il est à noter tout de suite, même si nous
allons y revenir, que rien dans la Constitution ne garanti une synchronisation
parfaite entre ces deux élections. Dès 2002, cette réforme sera mise en
pratique et verra l'élection, à nouveau mais cette fois-ci pour une durée de
cinq ans, de Jacques Chirac qui verra les semaines suivantes une Assemblée
nationale à la majorité de son bord politique. Nous allions finalement savoir
si la fonction présidentielle et la fonction législative allaient être
fortement liées suite à cette synchronisation. De fait, le régime français
s'est retrouvé avec un président de la République fort, contrôlant son
gouvernement, et une majorité de représentants à l'Assemblée nationale acquise
à son propos, les deux embarqués, si l'on peut dire, sur le même bateau, le
capitaine à la barre, pour une durée de cinq ans. Cette période, courte pour
certains auteurs, est cependant celle où doit être réalisé le programme
politique d'un parti, qui a un homme, leader, à la tête de l'État, cela afin
de réaliser une vision politique particulière. Nous nous sommes fortement
éloigné ici, il est certain, de la vision du chef de l'État comme arbitre et
simple garant des institutions. En effet, ce régime parlementaire initial se
voit maintenant, pour une assez courte durée, dirigée par un homme et son
équipe nommée, avec le soutien de l'Assemblée nationale, les deux en parfaite
adéquation. Le président a pris une place centrale et prépondérante dans
l'action politique et législative du régime de la V<sup class="note">e</sup>
République. À tel point d'ailleurs qu'on a commencé à parler de régime
parlementaire &laquo;&nbsp;présidentialisé&nbsp;&raquo;, ni totalement
parlementaire ni totalement présidentialisé. Avec même une Constitution qui
pour certains aurait pu présager ce fait car elle était
&laquo;&nbsp;mi-parlementaire
mi-présidentielle&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-9"
class="note"><a href="#cite_note-9"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>9<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En effet, qu'en ai-t-il de cet esprit du président de
la République, de cet arbitre, de ce garant des institutions ? Il est clair
que la présidentialisation, c'est-à-dire l'entrée dans la vie politique du
moment, parfois sans recul et sur des points très précis, s'est fait de plus
en plus. Nous avons bien sûr l'exemple de Nicolas Sarkozy &mdash; cet
&laquo;&nbsp;hyper-président&nbsp;&raquo; &mdash; mais, même pour des
présidents souhaitant revenir à une certaine présidence normale, au sens
constitutionnel, cela s'est avéré finalement difficile. Devenu véritable chef
de file depuis ces dix dernières années, nous avons l'impression qu'il est
dorénavant assez compliqué, dans la vie politique quotidienne, de se passer de
la présence de ce président.

<h3>B. Le destin du régime parlementaire français</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La question que l'on peut se poser est certainement
celle de l'avenir de cette V<sup class="note">e</sup> République qui selon
Balladur entretient une certaine confusion. Celui-ci constate en effet, comme
une synthèse à notre propos que &laquo;&nbsp;en l'absence de cohabitation,
c'est le président qui bénéficie de l'hégémonie politique et qui décide, mais
c'est le premier ministre qui est responsable devant le Parlement. Lorsque le
président perd sa majorité parlementaire et qu'il y a cohabitation &mdash; le
quinquennat en réduit peut-être le risque, mais ne le supprime certainement
pas &mdash;, il devient le chef de l'opposition face au
gouvernement&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-10"
class="note"><a href="#cite_note-10"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>10<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Il
note quelques possibles sur lesquelles nous pouvons axer notre réflexion.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Tout d'abord, et à juste titre certainement, il exclu
la possibilité d'un retour à un régime parlementaire pur. Effectivement
celui-ci a fait son temps ; de surcroît, il apparaît illusoire de revenir
aussi sur l'élection du président la République au suffrage universel direct,
&laquo;&nbsp;le peuple français n'accepterait pas qu'on lui retire ce pouvoir
(&#8230;), [cet] acquis irréversible&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-11"
class="note"><a href="#cite_note-11"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>11<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Édouard
Balladur tente alors de concilier le modèle étasunien qui voit un président
très fort face à un Parlement tout aussi fort en y apportant des touches <em>à
la française</em>, notamment en matière de responsabilité, où il imagine une
possibilité de dissolution de l'Assemblée si elle était hostile dans le même
temps que celle-ci puisse, si elle l'Assemblée hostile était réélue
&laquo;&nbsp;à son tour [pourrait] mettre fin au mandat du
président&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-12"
class="note"><a href="#cite_note-12"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>12<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Il
serait bien trop présomptueux ne serait-ce que chercher à vouloir critiquer,
au sens noble du terme, les propos d'un ancien premier ministre de la
République française. Sans revenir en profondeur sur l'histoire des États-Unis
d'Amérique, le système par lequel ils existent est bien particuliers et propre
à ce pays et il serait certainement vain d'en vouloir une relative copie
locale à l'échelle de la France. Nous pouvons nous appuyer sur cette idée pour
affirmer qu'il est évident que les réformes que nous avons connue en même
temps que l'influence étasunienne culturelle et médiatique probablement ont dû
nous pousser vers l'existence de ce président tout puissant dans les périodes
dites normales &mdash; ces périodes qui depuis 2000 ont une possible chance de
se stabiliser sauf crise grave particulière.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans ce cadre peut-être on peut penser que face à un
pouvoir exécutif fort et qui s'assume la révision constitutionnelle du 23
juillet 2008 a cherché à redonner au législatif une plus grande autonomie par
diverses mesures et cela afin de rétablir un équilibre face à ce chef de
l'État, et ce qui pourrait tempérer les propos que nous avons énoncé plus haut
dans cette dissertation. Est-ce la prémisse, sur la volonté de Nicolas
Sarkozy, de se lancer, comme un premier pas, vers un système proche de celui
que l'on peut rencontrer aux États-Unis d'Amérique qui lui possède un
Parlement à la hauteur de son président ?

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans tous les cas l'Histoire des institutions
françaises nous aura appris que, cette Histoire ayant une fâcheuse tendance à
avoir le hoquet, les mouvements institutionnels sont quelque peu cycliques. La
France a connu une dominance du législatif qui, passant par un certain
équilibre, a vu la suprématie de l'exécutif avant de faire le mouvement
inverse pour finalement revenir là où il se trouvait plus tôt. C'est a priori
le temps maintenant de cette phase où l'exécutif prend un poids de plus en
plus important et il faudra peut-être que le peuple de France s'interroge,
s'il en a l'occasion, sur le chemin qu'il souhaitera prendre. Répéter à
nouveau l'Histoire ou, ainsi que déjà fait, inventer une nouvelle manière de
vivre institutionnelle ? Peut-être reprendra-t-il l'analyse de La Boétie à son
compte qui citant à nouveau Ulysse, &laquo;&nbsp;<em>D'avoir plusieurs
seigneurs aucun bien je n'y voi</em>&nbsp;&raquo;, indiquait que
&laquo;&nbsp;c'était autant bien dit que rien plus (&#8230;) ; la domination
de plusieurs ne pouvait être bonne, puisque la puissance d'un seul, dès lors
qu'il prend ce titre de maître, est dure et
déraisonnable&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-13"
class="note"><a href="#cite_note-13"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>13<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>. Ou,
peut-être, les acteurs de l'avenir ne sont finalement que des pions dans le
jeu de la Dame et du Destin et que la réponse se trouve uniquement que dans
les mouvements des dés qui roulent sur la table de marbre.

<p>
<u>Notes de bas de page.</u>

<ol class="littletxt">
  <li id="cite_note-1"><a href="#cite_ref-1" class="nostyle">&uarr;</a> De Gaulle, C.,
    <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_Bayeux_%281946%29"
    class="external" hreflang="fr"><em>Discours de Bayeux</em></a>, 16 juin
    1946
  <li id="cite_note-2"><a href="#cite_ref-2" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-3"><a href="#cite_ref-3" class="nostyle">&uarr;</a> La
    Boétie, É.,
    <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_la_servitude_volontaire/%C3%89dition_1922"
    class="external" hreflang="fr"><em>Discours de la servitude
    volontaire</em></a>, 1549, traduction Bossard, 1922.
  <li id="cite_note-4"><a href="#cite_ref-4" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-5"><a href="#cite_ref-5" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-6"><a href="#cite_ref-6" class="nostyle">&uarr;</a> De
    Gaulle, C.,
    <a href="http://www.charles-de-gaulle.org/pages/espace-pedagogique/le-point-sur/les-textes-a-connaitre/discours-du-20-septembre-1962.php"
    class="external" hreflang="fr"><em>Allocution du général de
    Gaulle</em></a>, 20 septembre 1962.
  <li id="cite_note-7"><a href="#cite_ref-7" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-8"><a href="#cite_ref-8" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-9"><a href="#cite_ref-9" class="nostyle">&uarr;</a>
  Balladur, É., <em>Pouvoirs à revoir</em>, dans <em>Le Monde</em> du 5 avril
  2006.
  <li id="cite_note-10"><a href="#cite_ref-10" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-11"><a href="#cite_ref-11" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-12"><a href="#cite_ref-12" class="nostyle">&uarr;</a> <em>Ibid.</em>
  <li id="cite_note-13"><a href="#cite_ref-13" class="nostyle">&uarr;</a> La
    Boétie,
    É., <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Discours_de_Bayeux_%281946%29"
    class="external" hreflang="fr"><em>Discours de la servitude
    volontaire</em></a>, 1549, traduction Bossard, 1922.
</ol>

]]></description>
</item>

<item>
<title>[Article par illov&amp;aelig;] Rxvt-unicode : quelques changements avec la version 9.16</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/quelques-modifications-urxvt-9-16.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/quelques-modifications-urxvt-9-16.html</guid>
<pubDate>Thu, 03 Jan 2013 14:03:04 +0100</pubDate>
<dc:creator>illov&amp;aelig;</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2013-01-03T14:03:04+01:00" pubdate="pubdate">3 janvier 2013</time>, illov&aelig;</span>
&mdash; Quelques petites modifications ont été apportées à la nouvelle version
d'urxvt, ou <a href="http://software.schmorp.de/pkg/rxvt-unicode.html"
class="external">rxvt-unicode</a>, la 9.16. Notamment une composante
intéressante de cet émulateur qui permet, de lancer un lien affiché dans le
terminal dans son navigateur simplement en cliquant dessus. En effet, ainsi
qu'il est indiqué dans le fichier <code>Changes</code> des sources, sous le
titre <code>9.16 Thu Dec 27 11:56:43 CET 2012</code>, la ressource
<code>urlLauncher</code> a été renommée en <code>url-launcher</code>. De plus,
les extensions perls d'urvxt disposent maintenant de leur propre page de
manuel (voir <code>urxvt-extensions</code> pour une liste complète). À cet
effet, on trouvera la documentation concernant <code>matcher</code> utilisé
par la ressource <code>urlLauncher</code> dans la page de manuel
intitulée <code>urxvt-matcher</code>.

<p>
Tout cela pour dire que vos anciennes configurations pour les extensions perls
ainsi que d'<code>urlLauncher</code> ne marcheront plus dès que vous serez
passé à cette nouvelle version. Il faudra donc la revoir afin qu'elle
ressemble à ceci :

<div class="highlight"><pre><code class="bash"><span class="c"># perl-ext-common remplacé par perl-ext depuis v9.16 :</span>
URxvt.perl-ext: default,matcher
<span class="c"># urlLauncher remplacé par url-launcher depuis v9.16 :</span>
URxvt.url-launcher: firefox
<span class="c"># Clic milieu :</span>
Rxvt*matcher.button: 2
Rxvt*matcher.pattern.1: <span class="se">\\</span>b<span class="o">(</span>gopher|mailto|http|https|ftp|file<span class="o">)</span>:<span class="o">[</span>/<span class="o">]</span>*<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w-<span class="o">]</span><span class="se">\\</span>.<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w./?&amp;@#-<span class="o">]</span>*<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w/-<span class="o">]</span>
Rxvt*matcher.pattern.2: <span class="se">\\</span>bwww<span class="se">\\</span>.<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w-<span class="o">]</span><span class="se">\\</span>.<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w./?&amp;@#-<span class="o">]</span>*<span class="o">[</span><span class="se">\\</span>w/-<span class="o">]</span>
</code></pre>
</div>


<p>
Pour le reste des nouveautés, n'hésitez pas à consulter le fameux
fichier <a href="http://dist.schmorp.de/rxvt-unicode/Changes"
class="external"><code>Changes</code></a>.

]]></description>
</item>

<item>
<title>[Article par e20100633] Dissertation : la révision constitutionnelle</title>
<link>http://porneia.free.fr/pub/articles/la-revision-constitutionnelle.html</link>
<guid>http://porneia.free.fr/pub/articles/la-revision-constitutionnelle.html</guid>
<pubDate>Fri, 09 Nov 2012 15:40:17 +0100</pubDate>
<dc:creator>e20100633</dc:creator>
<description><![CDATA[
<p>
<div class="notebar">
[Cette page présente un travail de dissertation ayant pour sujet <em>la
révision constitutionnelle</em> qui a été effectué par un étudiant de première
année de droit dans le cadre des travaux dirigés de droit constitutionnel. Ce
n'est donc pas un corrigé type sur lequel on pourrait s'appuyer en toute
confiance. À ce titre cette dissertation est hautement critiquable, sujette à
erreurs et autres abbérations. Elle n'est reproduite ici qu'à des fins
d'archives et d'informations.]
</div>

<p>
<span class="articleAuthor">Porneia delights, <time datetime="2012-11-09T15:40:17+01:00" pubdate="pubdate">09 novembre 2012</time>, e20100633</span> &mdash;
&laquo;&nbsp;Toute théorie est sèche, et l'arbre précieux de la vie est
fleuri&nbsp;&raquo; nous enseigne Méphistophélès dans le Faust de
Goethe<sup id="cite_ref-1" class="note"><a href="#cite_note-1"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>1<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>.
On peut essayer, par tous les moyens, de prévoir toutes situations et de les
sceller dans un texte ; mais chacun sait que la tâche est
impossible. Effectivement, et ainsi que nous le rappelle Gicquel,
&laquo;&nbsp;une constitution est vivante : elle reproduit le cycle
biologique. Elle naît, se développe et meurt&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-2"
class="note"><a href="#cite_note-2"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>2<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
; plus loin d'ajouter &laquo;&nbsp;vivre, n'est-ce pas s'adapter
?&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-3" class="note"><a href="#cite_note-3"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>3<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On comprend mieux, dès lors, la présence de l'article
89 dans la Constitution française du 4 octobre 1958 prévoyant des dispositions
spécifiques en vue de la révision potentielle de cette norme que l'on veut
suprême. Mais avant de nous plonger dans une réflexion autour de la révision
constitutionnelle, il peut être opportun de revenir sur les définitions
qu'impliquent notre sujet de dissertation.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La constitution a, de par sa nature, une place
particulière dans la hiérarchie de l'ordre juridique interne. Dans cette
pyramide des normes, développée par Hans Kelsen, on accorde à la constitution
la place de norme suprême. Ainsi que le défini Kelsen, il y a plusieurs
couches successives de normes dans la pyramide et la constitution en ai
l'élément le plus haut &mdash; si on met de côté le concept de norme
fondamentale, la <em>grundnorm</em>, de Kelsen. Cette hiérarchie implique que,
pour qu'une norme soit valide, il faut qu'elle soit conforme à la norme ou aux
normes qui lui sont supérieures, au sens où il ne doit pas y avoir de
contradictions entre elles.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gicquel considère donc que la constitution est la
&laquo;&nbsp;loi des lois&nbsp;&raquo; en ce sens où c'est le texte qui va
venir définir de quelles manières vont être adoptées les autres lois. La
constitution, par son caractère de loi supérieure, ne peut pas être modifiée
comme les autres lois. Et généralement, dans le cadre d'une constitution
rigide comme en France, c'est un texte auquel on va appliquer une procédure
particulière.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le pouvoir constituant originaire, c'est-à-dire celui
qui a rédigé la constitution à l'origine, prévoyant, a mis en place un
dispositif législatif permettant de venir modifier, de venir réviser la
constitution en fonction des évolutions que la société pourrait demander. Nous
avons donc, ainsi que le dit Olivier Duhamel, des organes de l'État qui ont
été constitutionnellement habilité à réviser la constitution ; c'est ce que
l'on nomme le pouvoir constituant dérivé, prévu donc par le pouvoir
constituant. Le pouvoir de réviser la constitution est ainsi une faculté
octroyée par le pouvoir constituant ; c'est un pouvoir que le pouvoir
constituant dérivé détient de la Constitution elle-même, si l'on s'en tient à
une définition organique de la constitution.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Gicquel nous dit alors que ce pouvoir est institué et
autolimité. Il est institué car il découle du pouvoir constituant originaire
qui a prévu l'existence du pouvoir constituant dérivé ; c'est la constitution
qui déclare elle-même la possibilité de réviser la constitution &mdash; ainsi
qu'en dispose par exemple l'article 89 de la Constitution française du 4
octobre 1958. En effet, il apparaît essentiel de le prévoir, nous dit Gicquel,
car la Constitution est &mdash; comme déjà dit ci-dessus
&mdash; <em>vivante</em> et doit s'adapter, comme tout ce qui est vivant. De
plus il est autolimité car &laquo;&nbsp;le pouvoir constituant originaire peut
imposer des contraintes
<em>matérielles</em> au pouvoir constituant
dérivé&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-4" class="note"><a href="#cite_note-4"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>4<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
&mdash; qui vient donc limité son champ d'action.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Cependant, bien que nous entrevoyons déjà l'intérêt de
pouvoir venir réviser la constitution, cela pose pourtant une question
importante à nos yeux. Est-il possible de réviser la constitution,
c'est-à-dire de pouvoir créer de nouvelles dispositions constitutionnelles, de
les modifier ou de les abroger, tout en préservant l'esprit, l'essence suprême
de la constitution en tant que norme supérieure telle que prévue par le
pouvoir constituant ?

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Pour répondre à notre questionnement, nous allons
établir deux grands points, chacun étant subdivisé en deux branches.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Dans un grand I nous aborderons les principes et les
enjeux du pouvoir constituant dérivé. Nous y verrons tout d'abord dans un
grand A la distinction essentielle entre une constitution dite souple et une
constitution dite rigide et les implications au niveau de la révision
constitutionnelle puis dans un grand B, après nous être focalisé sur la
constitution dite rigide, cette faculté particulière de pouvoir de révision en
prenant exemple le cas français.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ensuite, dans un grand II nous nous pencherons sur la
nature des limites du pouvoir de révision, avec dans un premier point, grand
A, l'encadrement de la procédure de révision puis dans un second point, grand
B, les limites du droit de revoir la constitution.

<h2>I. Les principes et les enjeux</h2>

<h3>A. Une constitution souple ou une constitution rigide ?</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Quand on parle de constitution souple on parle
généralement d'États pour lesquels il n'y a pas de constitution au sens
formel, c'est-à-dire que les règles qui encadrent le fonctionnement des
pouvoirs publics n'ont pas dans tous les États un caractère
supérieur. L'exemple le plus frappant auquel on peut penser est le Royaume-Uni
où on a recours à des lois ordinaires, où ces lois n'ont pas un caractère
supérieur et n'ont donc pas, de fait, de procédure spécifique de révision ;
elles peuvent donc être modifiées suivant les mêmes règles et formes que la
règle ordinaire. Nous pouvons donc dès à présent mettre de côté les
constitutions dites souples pour nous pencher plutôt sur ce qu'on lui oppose
généralement, à savoir les constitutions dites rigides.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;La constitution rigide, quant à elle, est une
constitution qui peut être modifiée au travers d'une procédure différente de
la procédure législative ordinaire. On retrouve ici très clairement la
définition formelle de la constitution dont Gicquel nous indique qu'elle
répond à une &laquo;&nbsp;procédure supérieure&nbsp;&raquo;. C'est le schéma
que l'on retrouve en France par exemple. De ce fait, la constitution, n'étant
pas une loi quelconque, ne peut être modifiée que selon une procédure
particulière. L'intérêt est bien sûr d'en préserver l'autorité et de lui
garantir une certaine stabilité. Dans ce schéma on ne souhaite donc pas que
les institutions, mise en place par la constitution, puissent modifier
facilement le contenu de la constitution, c'est-à-dire son caractère matériel.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Une constitution rigide a donc certains avantages,
comme nous venons de le voir. Cependant, elle présente aussi un inconvénient
majeur. En effet, la constitution souple, ainsi que nous le comprenons, car
elle n'a pas de procédure particulière, peut s'adapter très rapidement aux
impératifs sociaux ou économiques que les temps pourraient exiger. Seulement
ce n'est pas le cas pour une constitution rigide. Il est alors possible
d'avoir un certain temps de latence, plus ou moins important, dans les
capacités d'évolution d'une société étant régies par une constitution rigide ;
ce qui peut devenir évidemment rapidement problématique quand la société doit
affronter une crise majeure qui demanderait des réponses concrètes et sans
délais.

<h3>B. La faculté de réviser la constitution : l'exemple français</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il existe de nombreux États ayant une constitution
dite rigide, c'est-à-dire une constitution au sens formel qui est érigée au
plus haut de la hiérarchie des normes et qui a valeur de loi suprême. Parmi
ces États on pourrait citer l'Allemagne par exemple. Mais il nous apparaît
plus judicieux de nous référer à la France qui a vu très récemment sa
constitution modifiée dans plus d'une quarantaine de dispositions le 23
juillet 2008. En effet on peut dès lors s'interroger sur la possibilité
d'effectuer une révision d'une telle envergure sans en entacher, ou en
dénaturer les valeurs les plus fondamentales.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;C'est un questionnement soulevé notamment par Olivier
Beaud qui remplace les notions de pouvoir constituant originel et pouvoir
constituant dérivé en faisant une distinction entre le pouvoir constituant et
le pouvoir constitué. Le pouvoir constitué serait pour lui le pouvoir de
réviser la constitution et qui serait organisé et soumis au pouvoir
constituant ; il n'aurait donc pas les qualité du pouvoir constituant et
pourrait donc uniquement avoir un simple pouvoir d'ajuster le contenu de la
constitution. De son idée découle alors le fait qu'il est impossible pour le
pouvoir constitué de venir changer &laquo;&nbsp;l'identité et la continuité de
la constitution&nbsp;&raquo; et ainsi de la préserver au mieux.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;De cette manière on comprend qu'il ne serait possible
que de venir corriger légèrement certaines dispositions pour les adapter. Mais
on peut s'interroger alors sur la capacité de pouvoir modifier la constitution
de façon tout à fait adaptée à des situations nouvelles non envisagées par le
pouvoir constituant.  C'est-à-dire d'une certaine manière d'exclure la
possibilité pour les générations à venir de venir réformer véritablement la
constitution afin de l'adapter à ses besoins. On se réfère ici bien sûr à Guy
Carcassonne qui a dit que &laquo;&nbsp;les acquis de la
V<sup class="note">e</sup> République méritent de ne pas être remis en cause
mais cela ne signifie pas que chacun de ces éléments doive être gravé dans
l'airain. Le temps qui passe, les situations qui changent, l'expérience qui
enseigne sont autant de causes qui peuvent justifier çà et là des retouches,
voire, franchement, des réformes&nbsp;&raquo;. Mais on se réfère aussi à
l'article 28 de la Constitution de 1793 qui disposait qu'un
&laquo;&nbsp;peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer
sa constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations
futures&nbsp;&raquo;.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'idée de Beaud, finalement, obligerait ces
générations futures à devoir changer de constitution afin que d'en avoir une
nouvelle qui s'accorde à leurs exigences au lieu de simplement pouvoir venir
en modifier les contenus de celle qu'il ont déjà dans une certaine
profondeur. Il appartient alors à chacun de s'interroger : qu'est-ce qui
garanti le plus la stabilité de la constitution ?  Forcer les citoyens à
changer radicalement de constitution pour qu'elle leur corresponde ou bien
leur permettre de venir modifier, même en profondeur, ladite constitution
quitte à risquer de la dénaturer ?

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En l'espèce, dans sa décision n&deg; 92-312 DC du 2
décembre 1992 le Conseil constitutionnel a infirmé la vision de Beaud en
déclarant que &laquo;&nbsp;sous réserve (...) des limitations (...) le pouvoir
constituant est souverain&nbsp;&raquo;<sup id="cite_ref-5"
class="note"><a href="#cite_note-5"
class="nostyle"><span class="cite_crochet">[</span>5<span class="cite_crochet">]</span></a></sup>
; considérant ainsi que dans tous les cas, même dans le cas d'une révision,
nous avions un pouvoir constituant. Nous allons donc voir, dans une seconde
partie, comment ce pouvoir constituant dérivé en France est encadré et à
quelles limites il est fixé.

<h2>II. La nature des limites du pouvoir de révision</h2>

<h3>A. L'encadrement de la procédure de révision</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ainsi que nous l'avons exposé en introduction, la
constitution prévoit généralement, si elle répond à la définition formelle,
ces procédures particulières qui vont avoir pouvoir de réviser la
constitution. Pour prendre un exemple spécifique, c'est ce que prévoit
l'article 89 de la Constitution française du 4 octobre 1958, la constitution
de notre V<sup class="note">e</sup> République.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous retrouvons dans cet article des règles très
strictes quant à, d'une part, l'initiative de la révision mais aussi, d'autre
part, quant à l'examen et l'approbation du projet ou proposition de révision.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Ainsi que le premier alinéa en dispose, l'initiative
revient &laquo;&nbsp;concurremment au Président de la République sur
proposition du Premier ministre et aux membres du
Parlement&nbsp;&raquo;. C'est-à-dire qu'ici l'impulsion de la révision de la
constitution appartient à la fois au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif
&mdash; on parlera d'ailleurs de projet quand l'impulsion vient du pouvoir
exécutif et de proposition quand elle émane du pouvoir législatif. Ce partage
est important car c'est la garantie d'avoir un système démocratique. Ainsi par
exemple le pouvoir exécutif va pouvoir, dans le cadre de la politique qu'il
souhaite mettre en place, chercher à adapter la constitution en fonction de
ses projets et cela en accord avec les représentants populaires membres du
Parlement.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;En ce qui concerne l'adoption, l'article 89 dans son
alinéa 2 impose que le projet ou la proposition de révision doit être examinée
après certains délais prévues par la constitution. Cela afin que chacun puisse
avoir le temps de s'informer et de réfléchir quant à la proposition ou au
projet qui est fait. Surtout, pour être adopté, le projet ou la proposition
doit être voté &laquo;&nbsp;par les deux assemblées en termes
identiques&nbsp;&raquo;. Notons de plus le souci démocratique du présent
alinéa qui prévoit aussi que l'adoption est définitive si elle a été approuvée
par référendum.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Remarquons en sus que le Président de la République,
s'il le décide, peut ne pas présenter le projet ou la proposition à référendum
pourvu qu'il le ou la soumette au Parlement convoqué en Congrès. Nous avons
donc ici malgré tout une garantie d'un contrôle démocratique du projet ou de
la proposition, les membres du Parlement étant élus directement par les
citoyens.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous comprenons donc que nous avons bien une procédure
particulière et tout à fait encadrée concernant la révision de la
constitution, avec de surcroît, de nombreuses garanties d'un contrôle
démocratique sur cette possible révision. Nous avons donc ici un premier pas
nous garantissant une certaine préservation de l'intégrité de la constitution
en ce sens où la modification d'un ou plusieurs de ses éléments doit être
motivée et respecter la volonté des citoyens. Cependant, s'il est possible de
modifier la constitution dans ses grandes largeurs, des limites sont
essentielles afin d'en garantir la stabilité du système ainsi que son
autorité.

<h3>B. Les limites du droit de revoir la constitution</h3>

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y a deux types de limites qui s'imposent au pouvoir
de réviser la constitution.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Nous avons dans un premier temps les limites
circonstancielles, c'est-à-dire des moments durant lesquels il est impossible
de modifier la constitution. Dans le cas français c'est prévu à l'alinéa 4 de
la Constitution du 4 octobre 1958 où il est dit que &laquo;&nbsp;aucune
procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté
atteinte à l'intégrité du territoire&nbsp;&raquo;. Autrement dit, il n'est pas
possible de modifier la constitution quand la France est envahie ou occupée
lors de conflits armés. On comprend évidemment que cela permet d'éviter des
modifications qui n'auraient peut-être pas été envisagée en tant
normal. Cependant on peut s'interroger alors sur la capacité de réponse de la
société à un évènement aussi majeur. En effet, c'est justement le type
d'évènement qui demande des actions extraordinaires, actions qui ne sont dès
lors plus permises au niveau constitutionnel. Ainsi que nous le notions déjà
plus haut, nous serions dans l'incapacité d'adapter notre constitution pour
réagir rapidement à une situation exceptionnelle qui exige des réponses
immédiates et appropriées.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Il y avait donc, en quelque sorte, deux solutions
possibles : permettre de réviser la constitution dans ces circonstances
exceptionnelles qui peuvent amener finalement, dans le pire cas, à une
destruction de la constitution telle que prévue par le pouvoir constituant
originel ou bien, d'un autre côté, la préserver, la sceller, et cela quoiqu'il
en coûte, tout le temps que la situation ne soit pas revenue à la normale et
même si cela ne permet pas de réagir correctement à ces circonstances
exceptionnelles. Il nous apparaît encore impossible d'apporter une critique
pertinente au choix qui a été fait tant nous avons l'impression que la
situation est cornélienne.

<p>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L'autre limite que l'on peut retrouver dans notre
constitution est une limite matérielle. En effet, ainsi que nous l'avons
décrit plus haut, le pouvoir constituant dérivé peut modifier soit un simple
article ou alors même un grand nombre de dispositions. On comprend dès lors
qu'il serait assez simple de dénaturer la constitution, de l'éloigner de
l'esprit voulu par le pouvoir constituant originel.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On retrouve donc, dans notre constitution, une
limitation importante au dernier alinéa de la Constitution du 4 octobre 1958
qui dispose que &laquo;&nbsp;la forme républicaine du Gouvernement ne peut
faire l'objet d'une révision&nbsp;&raquo;.  Cependant, on peut s'imaginer
qu'il est possible de venir réviser cette disposition et remettre en cause
cette forme républicaine, sauf qu'elle est exclue de la possibilité de
révision.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;On peut cependant envisager un mécanisme à
&laquo;&nbsp;double détente&nbsp;&raquo; qui consisterait à réviser d'abord la
disposition qui exclue la révision pour ensuite faire effectivement la
révision de la disposition qui pose des limites. Il serait donc techniquement
possible de remettre en cause un de ces principes essentiels de la
constitution et donc de venir modifier en profondeur l'intégrité de cette
norme supérieure.
<br>
&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Certains pourront arguer qu'il faut une solution plus
radicale afin de protéger cette disposition de façon absolue. Cependant, selon
nous, cela serait probablement dangereux. En effet, même s'il apparaît évident
que ce serait une bonne façon de ne pas revenir à une forme <em>moins
évoluée</em> de gouvernement, cela empêcherai de la même manière toute
évolution vers un système <em>meilleur</em> que le système républicain dans
lequel nous sommes. Même si ce système, que l'on qualifie ici de
&laquo;&nbsp;meilleur&nbsp;&raquo;, reste à déterminer, voir même à inventer,
il nous apparaît important de laisser un espace, même très restreint, qui
permettra de faire évoluer notre société de façon constitutionnelle &mdash;
plus généralement par le droit. C'est-à-dire en somme d'une manière autrement
plus civilisée que le recours à la force armée.

<p>
<u>Notes de bas de page.</u>

<ol class="littletxt">
  <li id="cite_note-1"><a href="#cite_ref-1" class="nostyle">&uarr;</a> Dans
    sa traduction par Gérard de Nerval, édition de 1877 chez Garnier,
    disponible
    sur <a href="https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(tr._Nerval)/Édition_Garnier_1877/Texte_entier"
    class="external"
    hreflang="fr">https://fr.wikisource.org/wiki/Faust_(tr._Nerval)/Édition_Garnier_1877/Texte_entier</a>,
    consulté le 13 octobre 2012.
  <li id="cite_note-2"><a href="#cite_ref-2" class="nostyle">&uarr;</a>
    Gicquel J. et Gicquel J.-É., <em>Droit constitutionnel et institutions
    politiques</em>, 24<sup class="note">e</sup> éd., 2010, p.&nbsp;187.
  <li id="cite_note-3"><a href="#cite_ref-3"
                          class="nostyle">&uarr;</a> <em>ibid.</em>,
                          p.&nbsp;192.
  <li id="cite_note-4"><a href="#cite_ref-4"
                          class="nostyle">&uarr;</a> <em>ibid.</em>,
                          p.&nbsp;193.
    <li id="cite_note-5"><a href="#cite_ref-5" class="nostyle">&uarr;</a>
    C.C., décision n&deg; 92-312 du 2 septembre 1992, <em>Traité sur l'Union
    européenne</em> (Maastrich II), 19<sup class="note">e</sup>
    considérant, <em>Rec.</em>, 1992, p.&nbsp;80.
</ol>

]]></description>
</item>

</channel>
</rss>
