gapz.tuxfamily.org, 1 décembre 2006, gapz — Alors que je cherchais quelques ouvrages sur les systèmes embarqués, je me suis retrouvé à lire l'introduction d'un texte (sur l'embarqué bien sûr) qui résumait parfaitement l'idée de la banalisation des performances. Je vous met à disposition la partie du texte que j'ai trouvé très pertinente la dessus, mais sachez que la version complète est disponible ici : Construction d'un système LINUX embarqué.
Voici l'extrait :
La chute vertigineuse des couts du hardware ces dernières années a provoqué une inflation dans l'espace utilisé par les systèmes d'exploitation modernes. Alors que certains d'entre nous ont débuté avec 1Ko de mémoire vive et un système sur 8Ko de ROM (le ZX-81 !) il n'est pas rare aujourd'hui de voir des adolescents pester contre le PII de l'année précédente qui n'affiche pas assez vite les formes plantureuses de Lara Croft :-)
La banalisation des performances a quelques effets pervers:
- elle masque les imperfections et la faible optimisation (voire les bugs) de certains produits: software becomes slower faster than hardware becomes faster.
- elle incite à une consommation effrénée de hardware ce qui compense la baisse des couts de celui-ci.
- elle donne des mauvaises habitudes aux programmeurs qui, forts de leurs 256 Mo de RAM, 10 Go de disque et Pentium XXX à YYY GHz ne comprennent pas pourquoi la classe Java 'Hello World!' prend tellement de temps à s'exécuter alors qu'il a suffit de cliquer sur le bouton generate code :-)
- elle masque le fonctionnement réel du système ce qui fait que l'on ne sait plus trop des centaines de bibliothèques et des dizaines de packages lesquels sont vraiment utiles pour l'utilisation courante de la machine. Par contre, en cas de vérification du disque par e2fsck, on se rend compte que les packages sont bien la et que ces 4 cafés bus en attendant étaient très bons en fait.
L'exemple de plus flagrant de cette course à la consommation est bien entendu le système MS Windows et les applications associées pour lesquelles chaque version est accompagnée d'un certain embompoint compensé par l'achat de la dernière carte 3D, de quelques Go de plus ou d'une barrette de RAM supplémentaire.
La tendance n'épargne pas les systèmes LINUX dont les distributions les plus célèbres prennent de plus en plus de poids. J'ai longtemps utilisé ma première distribution avec un kernel 0.99 puis 1.0 sur un 486SX25 avec 8Mo de RAM, peux-t-on l'imaginer sur les distributions standards d'aujourd'hui ?
Un avantage notable avec LINUX est la complète transparence du système. Un utilisateur averti pourra à partir d'une configuration standard créer un système très optimisé tant au niveau de l'espace disque que de la mémoire utilisée. A partir d'un certain niveau extrème de réduction, on pourra parler de système embarqué (embedded ou embeddable).
En tout cas merci à Pierre Ficheux pour avoir écrit ce texte (pas que l'introduction bien sûr).